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Total Life Forever de Foals

chronique d'album
Que dire de plus maintenant que vous savez tout ? L’aversion pour un premier album cadenassé par la production jugée tic et toc de Dave Sitek (Antidotes, 2008), l’harassement post-tournée, le reconditionnement à Oxford, la mise en quarantaine suédoise, la prise de distance avec l’Afrique, les expérimentations libertaires, le retournement de situation vocal… Par la grâce d’une promo hyperactive, il s’est déversé autant de signes sur Total Life Forever que de cendres dans le ciel d’avril. Reste l’essentiel, l’impression qu’on aura rarement emprisonné la rage avec autant de science du spleen, de maîtrise des climats, et de raffinement dans l’exécution. Si l’introduction psalmodiée de Blue Blood aiguille d’entrée l’auditeur sur les chemins de traverse envoûtants qu’il fréquentera avec assiduité par la suite, Foals choisit d’abord de ne pas déboussoler complètement ses ouailles en mitraillant avec Miami et Total Life Forever une volée de riffs artifices et de tatapoum entrechoqué qui prolonge la frénésie hypercalculée d’Antidotes en y instillant de menus guet-apens (le groove incongru pour Miami, le break quasi gospel pour la chanson éponyme).

Puis Black Gold commence à houspiller les sens avec son final strié de distorsions fiévreuses et pavée d’une mélancolie qui carillonne comme chez The Cure, avant que le doublé Spanish Sahara/This Orient ne les embrase définitivement. Foals révèle alors les paysages énigmatiques de son nouveau monde, là où circule un air incendié, là où s’épanouissent désormais ses certitudes déracinées, là où règne une pop progressive qui doit autant aux arpèges hantés de Radiohead qu’à la furie exaltée de Bloc Party, aux volumineuses strates électriques qu’à l’électronique la plus minutieuse, au lyrisme décomplexé des eighties qu’à l’intimité effondrée des années zéro. Après un interlude parasité de piano minimal, After Glow réenclenche la turbine à gigoter préférée des Anglais, quand il s’agit de danser en s’enfonçant dans un broyeur. La victime ressort en charpie, prête à être dispersée aux quatre vents par le souffle hypnotique d’Alabaster, qui vous fait flotter à mille lieues via un tourbillon de voix découpées, une aura digitale, une batterie réverbérée, et toujours, cette production d’une sensationnelle limpidité.

Avec des guitares qui hurlent en silence comme les spectres de The Durutti Column, et un chant à la distance éplorée, 2 Trees poursuit la mise en abstraction de Foals, qui se transforme au fil du disque en orchestre irréel, délesté de toute emprise électrique et rendu planant par une nuée de trésors vaporeux. La transcendance terminale What Remains finit d’exorciser ce sentiment d’humanité exilée, de détresse gazéifiée. Plus qu’une réinvention miraculeuse, Total Life Forever consacre l’intelligence des hommes d’Oxford, qui ont su se recueillir pour s’émanciper, sublimer leurs qualités pour dégommer les faibles procédés. On en connaît d’autres, des gars du même coin, qui touchent leur bille en matière d’optimisation des méninges. Mais pour ça, c’est pareil, vous êtes déjà au jus.
Jean-François Le Puil
MAGIC RPM  #142


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Mojant - 02/05/2010 20:24
Une production flashy, polishé de delay, de synthé, clap de main bref, tout l'arsenal est déployé. Mais, c'est tout, car il se cache derrière tout ça une écriture musicale infantile. Les compositions sont assez basiques, bien moins surprenante que leur de leur premier album. Cet album est donc très accessible, il est plus banal.