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Los Angeles

archive mag juin 2008
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Auteur du remarquable et introductif 1983 (2006), Steven Ellison, alias Flying Lotus, trouve chaussure à son pied en signant son premier album pour le compte de Warp. Majoritairement instrumental, ce disque a été conçu comme le portrait électronique d'une mégapole connue pour son gabarit tentaculaire, ses effrayants contrastes sociaux (le grand luxe et la misère la plus noire s'y côtoient) et le voile perpétuel de son brouillard de pollution. Reflétant toute l'ambiguïté de la relation que l'Américain entretient avec sa ville, Los Angeles permet à l'auditeur de s'imaginer à bord d'une grosse décapotable en compagnie d'un musicien qui lui ferait la visite guidée des sites les plus pittoresques de la cité des anges. De l'immensité des inextricables périphériques spaghetti (Brainfeeder, Beginners Falafel) aux ruelles malfamées (Golden Diva, Riot), des hauteurs hollywoodiennes (Roberta Flack, SexSlaveShip) aux barrios latinos (Melt!, Parisian Goldfish), sans oublier l'indispensable expédition nocturne où l'on croise à petite vitesse les sorties de discothèques (GNG DNG), les artères illuminées d'une débauche de néon (Comet Course) et les coupe-gorge interlopes où gravite une faune sous influence (Testament). Si musicalement parlant, les compositions de Flying Lotus suivent les traces de l'abstract hip hop de Dj Krush, Plaid ou encore Prefuse 73, l'habileté avec laquelle tous ces éléments sont combinés est assez inédite et personnelle. On comprend mieux quand on sait que le Californien est le neveu de la regrettée Alice Coltrane. Une nouvelle preuve que les chiens ne font pas des chats…

Marc Gourdon

magazine num 121 article extrait de :
MAGIC RPM #121


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