La semaine prochaine, les frangins Brewis seront de retour. Deux ans après avoir mis en sommeil leur projet commun Field Music, Measure figure une renaissance fastueuse, un double album gorgé d'éclaircies pop et d'incursions progressives, de rugosité arty et d'embellissements orchestraux. Une prise de risque, en somme, que Peter et Dave assument totalement, comme ils nous le racontent dans ce long entretien où ils reviennent sur leur rupture tranquille, sur les cours qu'ils donnèrent à des étudiants apathiques, sur Evan Einsenberg, sur leur passion pour les Black Crowes ou Mary Poppins, sur leur aversion pour The Kooks ou Kaiser Chiefs, et plein d'autres trucs pas mal.
[Propos recueillis par Petit Dragon].
Magicrpm.com : Il y a six mois, je lisais une interview chez Stereogum où vous racontiez n’avoir qu’une ou deux chansons prêtes, et six mois plus tard, vous débarquez avec un double album. Les gars, qu’est-ce qui s’est passé entre temps ?
David Brewis : C’est vrai que nous n’avions finalisé qu’un ou deux titres à l’époque, mais nous avions déjà un paquet d’idées très précises qui flottaient dans l’air. Nous avons juste bossé très dur pour les mener à bien.
Comment avez-vous retravaillé ensemble après l’éparpillement des dernières années ?
Peter Brewis : À vrai dire, nous n’avons pas toujours l’habitude de composer de concert. Parfois, nous n’enregistrons même pas ensemble.
D : Oui, on a toujours eu une relation très ouverte.
P : Mais ce disque est peut-être celui où nous avons le plus collaboré.
Dès l’origine, vous saviez que Measure serait aussi copieux ?
D : Absolument. C’était notre plan de départ.
P : Derrière chacun de nos albums, il y a une idée directrice. Une sorte de concept, comme un prélude qui permet de relier tout ce qui va se passer par la suite. Cette fois, on s’est dit : “laissons-nous aller, tentons de faire quelque chose d’abondant. Un disque bien trop long !” (Rires). C’était le défi qu’il nous fallait.
Vous savez qu’il s’agira du principal reproche fait à Measure.
David et Peter : Bien sûr ! Mais tant pis, nous sommes parés (Sourire).
Quels sont les disques qui durent des plombes, mais que vous aimez quand même ?
D : Le White Album des Beatles. Tusk, par Fleetwood Mac. Physical Graffiti de Led Zeppelin. Il n’y a pas si longtemps, j’ai même réécouté The Wall de Pink Floyd, et je te garantis que c’est super long comme disque ! (Rires). Il y a Blonde On Blonde aussi. Sign O' The Times de Prince, qui n’est pas mon préféré, mais c’est bon, et c’est très… long.
Pourquoi faire durer l’affaire de la sorte ?
D : Ça permet d’exprimer une large palette d’émotions, certaines d’entre elles ne pouvant être ressenties qu’après un grand nombre d’écoutes. Tes chansons préférées changent toutes les deux semaines, voire à chaque fois qu’on se replonge dans l’œuvre.
P : Tous ces disques au long cours restent mystérieux pour moi. Je ne sais pas si c’est parce que mon cerveau n’est capable de fonctionner que trente minutes d’affilée, mais par exemple, je suis incapable de me rappeler du White Album dans son entièreté. Je me souviens du début et de la fin, mais si je mets le LP sur ma platine, je suis toujours surpris par des trucs que j’avais oubliés. Tandis que Rubber Soul ou Revolver, qui durent une demi-heure, on peut les connaître par cœur, note pour note, accord pour accord. C’est chouette, mais c’est aussi chic d’écouter quelque chose dont la connaissance reste imparfaite. Si tu me demandais l’album des Beatles que j’emporterais sur île déserte, je choisirais le White Album à cause de ça. Simplement parce que le disque ne serait même pas terminé que j’aurais déjà oublié le reste ! (Rires).
[Propos recueillis par Petit Dragon].
Magicrpm.com : Il y a six mois, je lisais une interview chez Stereogum où vous racontiez n’avoir qu’une ou deux chansons prêtes, et six mois plus tard, vous débarquez avec un double album. Les gars, qu’est-ce qui s’est passé entre temps ?
David Brewis : C’est vrai que nous n’avions finalisé qu’un ou deux titres à l’époque, mais nous avions déjà un paquet d’idées très précises qui flottaient dans l’air. Nous avons juste bossé très dur pour les mener à bien.
Comment avez-vous retravaillé ensemble après l’éparpillement des dernières années ?
Peter Brewis : À vrai dire, nous n’avons pas toujours l’habitude de composer de concert. Parfois, nous n’enregistrons même pas ensemble.
D : Oui, on a toujours eu une relation très ouverte.
P : Mais ce disque est peut-être celui où nous avons le plus collaboré.
Dès l’origine, vous saviez que Measure serait aussi copieux ?
D : Absolument. C’était notre plan de départ.
P : Derrière chacun de nos albums, il y a une idée directrice. Une sorte de concept, comme un prélude qui permet de relier tout ce qui va se passer par la suite. Cette fois, on s’est dit : “laissons-nous aller, tentons de faire quelque chose d’abondant. Un disque bien trop long !” (Rires). C’était le défi qu’il nous fallait.
Vous savez qu’il s’agira du principal reproche fait à Measure.
David et Peter : Bien sûr ! Mais tant pis, nous sommes parés (Sourire).
Quels sont les disques qui durent des plombes, mais que vous aimez quand même ?
D : Le White Album des Beatles. Tusk, par Fleetwood Mac. Physical Graffiti de Led Zeppelin. Il n’y a pas si longtemps, j’ai même réécouté The Wall de Pink Floyd, et je te garantis que c’est super long comme disque ! (Rires). Il y a Blonde On Blonde aussi. Sign O' The Times de Prince, qui n’est pas mon préféré, mais c’est bon, et c’est très… long.
Pourquoi faire durer l’affaire de la sorte ?
D : Ça permet d’exprimer une large palette d’émotions, certaines d’entre elles ne pouvant être ressenties qu’après un grand nombre d’écoutes. Tes chansons préférées changent toutes les deux semaines, voire à chaque fois qu’on se replonge dans l’œuvre.
P : Tous ces disques au long cours restent mystérieux pour moi. Je ne sais pas si c’est parce que mon cerveau n’est capable de fonctionner que trente minutes d’affilée, mais par exemple, je suis incapable de me rappeler du White Album dans son entièreté. Je me souviens du début et de la fin, mais si je mets le LP sur ma platine, je suis toujours surpris par des trucs que j’avais oubliés. Tandis que Rubber Soul ou Revolver, qui durent une demi-heure, on peut les connaître par cœur, note pour note, accord pour accord. C’est chouette, mais c’est aussi chic d’écouter quelque chose dont la connaissance reste imparfaite. Si tu me demandais l’album des Beatles que j’emporterais sur île déserte, je choisirais le White Album à cause de ça. Simplement parce que le disque ne serait même pas terminé que j’aurais déjà oublié le reste ! (Rires).