Aux fanas des
rébus, aux amis de la devinette, voici une série de mots-clés, qui vous
permettra de déterminer rapidement si ce disque vous concerne ou s’il vous faut
fuir jusqu’à cette chronique : psychédélique, ambitieux, progressif,
double album, complexe, sous-pull. Autrefois qualifié en ces pages de “groupe ambitieux mais encore un peu vert", Field Music n’a pas renoncé à ses
prétentions ni perdu un gramme de sa légendaire confiance en lui. En revanche,
nul ne peut dire de quelle(s) couleur(s) il est aujourd’hui, tant ce troisième
album part dans tous les sens, se goinfrant sur le dos de l’histoire du rock
psychédélique avec une complaisance parfois déroutante. Field Music (Measure) est imprégné jusqu’au trognon de tout ce que
les ex-Beatles ont publié dans les années 70 (pas toujours joli joli), mais
aussi des productions très sérieuses des dinosaures du rock dit progressif
(souvenez-vous, l’ancien régime ventripotent mis à terre par la révolution
punk) et des enregistrements de XTC les plus détendus de l’élastique (miam).
Il y a donc à boire et à manger sur ce disque roboratif, rudement bien fichu mais souvent écrasant d’ennui du haut de ses soixante et onze minutes. En émergent de jolies pépites qui laissent comme deux ronds de flan, comme la somptueuse Measure, mélodie de qualité supérieure enluminée par des arrangements faramineux (basse et batterie sourdes, arpèges de guitare cristallins, cordes baroques), Them That Do Nothing tout en épaisseur pop, la sucrerie moelleuse Choosing Numbers ou encore l’immense The Rest Is Noise, qui glisse sur un roulis de piano avant d’exploser en couleurs. Ailleurs, les frères Brewis s’adonnent sans honte à la guitare grassement vaporeuse, aux salmigondis sophistiqués qui en mettent plein les mirettes. Chance ou malédiction, allez savoir, les chansons ne sont pas toujours entièrement bonnes ou mauvaises et on glane avec profit tel riff de basse ou telle bribe de mélodie. On reste toutefois circonspect devant l’entreprise de gavage. Mais comme disaient nos splendides humoristes nationaux à la fin des années 70 : si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres.
Il y a donc à boire et à manger sur ce disque roboratif, rudement bien fichu mais souvent écrasant d’ennui du haut de ses soixante et onze minutes. En émergent de jolies pépites qui laissent comme deux ronds de flan, comme la somptueuse Measure, mélodie de qualité supérieure enluminée par des arrangements faramineux (basse et batterie sourdes, arpèges de guitare cristallins, cordes baroques), Them That Do Nothing tout en épaisseur pop, la sucrerie moelleuse Choosing Numbers ou encore l’immense The Rest Is Noise, qui glisse sur un roulis de piano avant d’exploser en couleurs. Ailleurs, les frères Brewis s’adonnent sans honte à la guitare grassement vaporeuse, aux salmigondis sophistiqués qui en mettent plein les mirettes. Chance ou malédiction, allez savoir, les chansons ne sont pas toujours entièrement bonnes ou mauvaises et on glane avec profit tel riff de basse ou telle bribe de mélodie. On reste toutefois circonspect devant l’entreprise de gavage. Mais comme disaient nos splendides humoristes nationaux à la fin des années 70 : si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres.