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Halfway Between The Gutter And The Stars
archive mag novembre 2000
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Norman Cook est un fainéant. Doué, cela est certain, mais un fainéant quand même. Jamais il n'a pris le temps de s'atteler à la tâche de produire un disque (ou, à défaut, le morceau) qui mettra tout le monde d'accord quant à ses talents de compositeur. Pourtant, on l'en sait capable, cela se sent. Tout au long de ce troisième album et plus encore que sur le précédent, où l'on guettait un titre construit pas uniquement sur un gimmick rigolard ou facile, il semble titiller l'auditeur, il le tient en haleine d'un bout à l'autre de son album en mettant le doigt là où ça fait du bien, mais jamais assez longtemps pour ne pas le frustrer. Parce que des idées, Norman Cook en a plein. C'est ainsi qu'on écoute les titres les uns à la suite des autres en relevant une succession d'idées, parfois bonnes mais qui tombent souvent à plat. Alors, s'il suffit d'être Moby pour réussir à conjuguer un breakbeat à une nappe synthétique et à une phrase d'un poème de Jim Morrison (Sunset), ou les Freestylers pour faire sonner une ligne de basse ragga sur un rythme hip hop (Mad Flava), ou encore Daft Punk pour manier les effets d'une house binaire maligne (Retox), cela devrait être à la portée de Norman Cook, non ? Même les échappées soul ou funk aux cotés de Macy Gray et Bootsy Collins nous laissent dubitatifs. Content de lui, l'auteur de Halfway... a rempli son contrat, malheureusement à partir d'un devis sous-évalué. Attention, les clients mécontents ne reviendront pas toujours.
Sylvain Collin
article extrait de :
MAGIC RPM #46
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