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Par les temps qui courent, Faris Nourallah apparaît chaque année davantage comme l’une des figures les plus attachantes et indispensables de la scène indie pop. Pensez donc : un garçon qui persiste à œuvrer dans un amateurisme salutaire, qui s’échine à travailler toujours plus pour ne recueillir que les fruits symboliques de son labeur et se fiche comme d’une guigne des gratifications pécuniaires au point de redistribuer ses maigres droits d’auteur aux ONG ne peut être qu’un ami des plus précieux.

Pour la sixième fois consécutive, ce stakhanoviste désintéressé de la chanson bricolée, capable d’alimenter à lui seul sa propre Radio Faris de ses productions surabondantes, nous présente donc sa cueillette annuelle. La récolte 2008 comporte son lot habituel de mélodies réjouissantes et de refrains bien troussés, qui semblent souvent composés au fil de la plume ou de la guitare. Légers comme des bulles (de champagne ou de bubble-gum, la distinction n’a plus grand sens), ils semblent surgir avec une facilité et une insouciance qui dérouteraient même le grand Jonathan Richman.

Il serait donc presque déplacé de chercher à trier, dans parmi ces dix-sept nouveaux titres, les instants majeurs et les (rares) pochades plus anecdotiques : Faris annonce lui-même la couleur avec une fraîcheur naïve si désarmante (quand il enregistre une petite chanson idiote, il l’intitule Stupid Little Song) que l’on ne peut que se réjouir de partager encore une fois, en sa compagnie, ces brefs moments de pur plaisir.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #125


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