Problematico atterrit sur nos platines comme par enchantement, quelques mois seulement après un premier album magnifique (I Love Paris), enregistré dans des conditions fragiles. Dans son salon, tâtant lui-même de chaque instrument, Faris Nourallah écrit, chante et façonne ses chansons comme s'il était les Beach Boys à lui tout seul, accompagné d'un orchestre imaginaire. Avec les moyens du bord, il crée un son chatoyant, imagine des arrangements souples et inventifs, avec chœurs et claviers à foison. Nourallah n'a pas de pétrole (même s'il habite au Texas) mais des idées et une liberté de mouvement totale pour les exploiter. Sans personne à qui rendre de comptes, Faris n'est pas obligé de ranger sa chambre le soir et peut laisser traîner ses jouets. C'est très grisant. Du coup, Problematico est un album sacrément bordélique, assemblage dadaïste de miniatures pop variées voire saugrenues (seules deux atteignent les trois minutes). You've Got It Maderes semble au tube caché d'un groupe psychédélique des années 60 à deux doigts de péter les plombs (il faut entendre Nourallah beugler "la la la la la" pour le croire). Coming Out, Moscow In The Morning ou Adieu sont des chansons cristallines, belles et émouvantes. I Know Your Name ou A Day To Remember respirent une joie enfantine. Avec sa guitare électrique en bandoulière, Start A Revolution est un tube en puissance. Ces chansons partagent toutes une simplicité et une évidence mélodique rares. Surtout, elles confirment la fantaisie et le génie candide de Faris Nourallah, généreux et imprévisible artisan pop désormais incontournable.