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La maison de Faris Nourallah au Texas est-elle construite sur une mine de chansons, un gisement pop? Suffit-il au jeune homme de descendre à la cave pour en ramener de quoi remplir un disque merveilleux et baroque? Comment expliquer autrement ce troisième mini-chef-d'oeuvre en deux ans seulement ? King Of Sweden est dans l'exacte continuité de ses deux aînés, assemblage fragile et d'apparence désordonné de morceaux aux mélodies pures et sucrées, produites avec une imagination et un talent inversement proportionnels aux moyens mis en oeuvre : seize pistes, deux bras, un salon, quelques instruments acoustiques et synthétiques. Et une histoire d'amour malheureuse avec une demoiselle suédoise, qui a échoué à sortir Faris Nourallah de la grande solitude dans laquelle il semble vivre. À cet égard, King Of Sweden ajoute quelques touches au portrait diffus et mystérieux que l'Américain donne de lui dans ses chansons, dévoilant une facette résolument plus mélancolique, voire désabusée: il est question d'impossible retour en arrière dans Reverse Engineering, de chute et de vide un peu partout. Faris s'autorise même à un moment un raccourci saisissant: "Life's a bitch and then you die". Musique, arrangements et mélodies apportent un contrepoint lumineux à cette petite forme sentimentale. Choeurs et claviers sont omniprésents sur des chansons courtes aux ressources insoupçonnables, à la fois très élaborées et particulièrement accrocheuses. À l'image de l'inépuisable et magique I Run Faster Than You Can, petite perle kinksienne, cette pop essentielle court plus vite que la routine.
VINCENT THÉVAL
MAGIC RPM  #91
article extrait de :
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