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Résumé de l'épisode précédent : après avoir enregistré un unique et merveilleux album sous le nom de Nourallah Brothers, Faris et Salim sont en froid. Bien sûr, la fâcherie n'a pas pris les proportions épiques d'une bonne vieille baston entre les frères Gallagher relayée par la presse internationale. On n'est pas exactement au même niveau de notoriété. Croisons donc les doigts pour que le premier Lp solo de Faris Nourallah inverse la tendance. Il en a l'envergure, c'est un objet de culte en puissance. Derrière ce titre hilarant (I Love Faris), se cache une déclinaison ensoleillée de quatorze chansons gracieuses, quintessence de la pop américaine. Faris partage avec Elliott Smith la mémoire d'éclatantes pépites des années 60, à commencer par The Left Banke : mélodies simples mais puissantes, harmonies vocales, omniprésence des claviers. A Famous Life, mélodie vertigineuse et clavecin entêtant, en est le plus brillant exemple. Seul maître à bord, jouant de chaque instrument, Nourallah n'a pas peur des composants électroniques et accommode ses guitares aux moyens du bord, boîtes à rythmes et synthétiseurs. Ce croisement entre une écriture pop classique et une production minimaliste mais inventive et funambule n'est pas sans rappeler un autre génie solitaire, Stephin Merritt, aux commandes des Magnetic Fields et autres Future Bible Heroes. Il serait scandaleux que des pépites comme Brogadiccio, Let's Get Married ou Christian Flyer, interprétées d'une voix souple et malicieuse, se dérobent plus longtemps à la reconnaissance massive qui leur est due.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #72
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