Depuis les perturbations soniques explorées sur l’excellent Hello Voyager (2008), l’instable Carla
Bozulich impressionnait dans son rôle de pythie affolée et redorait par la même
occasion le blason du label canadien empêtré dans le post-rock, en lui rendant
sa caution expérimentale. Il y a un aspect expiatoire et cathartique dans la musique
d’Evangelista : une voix bluesy et rocailleuse à côté de laquelle PJ
Harvey fait office d’enfant de chœur, une instrumentation à fleur de peau qui
peut sombrer à n’importe quel moment dans une débauche bruitiste, une
propension à concilier les extrêmes qui émeut ou effraie…
Les années 90 passées à s’époumoner dans une multitude de formations entre country, blues et noise (Ethyl Meatplow, The Geraldine Fibbers) n’auront pas entamé une foi inextinguible en la possibilité de creuser toujours plus profond un style où perdre ses béquilles harmoniques est très périlleux mais offre de nouvelles perspectives. Dès son ouverture, Prince Of Truth s’affranchit de tout carcan : sur le ton de l’invective, la voix s’effrite sous la distorsion et le fracas d’instruments qui entrent en collision, puis un accord de guitare retentit comme un coup de tonnerre pour annoncer un refrain en trompe l’œil.
Comme un rêve ou un cauchemar dont on aurait du mal à se souvenir une fois réveillé, les six autres titres, tous magnifiques et sous influence, dérivent sans boussole portés par une instrumentation variable (contrebasse, orgue, accordéon, roue de vélo), toujours en lambeaux. Plus tourmenté encore que son prédécesseur,Prince Of Truth se déroule comme un fascinant poème crypté où se succèdent sur le mode de la libre association des images troublées d’une rare violence et d’une insaisissable beauté.
Les années 90 passées à s’époumoner dans une multitude de formations entre country, blues et noise (Ethyl Meatplow, The Geraldine Fibbers) n’auront pas entamé une foi inextinguible en la possibilité de creuser toujours plus profond un style où perdre ses béquilles harmoniques est très périlleux mais offre de nouvelles perspectives. Dès son ouverture, Prince Of Truth s’affranchit de tout carcan : sur le ton de l’invective, la voix s’effrite sous la distorsion et le fracas d’instruments qui entrent en collision, puis un accord de guitare retentit comme un coup de tonnerre pour annoncer un refrain en trompe l’œil.
Comme un rêve ou un cauchemar dont on aurait du mal à se souvenir une fois réveillé, les six autres titres, tous magnifiques et sous influence, dérivent sans boussole portés par une instrumentation variable (contrebasse, orgue, accordéon, roue de vélo), toujours en lambeaux. Plus tourmenté encore que son prédécesseur,Prince Of Truth se déroule comme un fascinant poème crypté où se succèdent sur le mode de la libre association des images troublées d’une rare violence et d’une insaisissable beauté.