Etienne Daho
Vu par Magic
Corps Et Armes
archive mag avril 2000
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Rarement artiste aura aussi bien négocié les virages casse-cou de deux décennies successives. Les oreilles grandes ouvertes et les yeux toujours légèrement rivés sur l'Angleterre, Étienne Daho a goûté aux joies de l'europop à l'occasion de Reserection avec Saint Etienne, de la drum'n'bass (Eden), sans jamais perdre de vue son fil conducteur : mijoter une chanson française totalement décomplexée. Le nouveau Corps Et Armes ne laissera donc perplexe que les éternels réfractaires au monsieur. Sa voix claire, posée sur fond d'orchestrations lumineuses et sublimées par Will Malone responsable émérite des arrangements chez Massive Attack , porte le genre au pinacle et ne souffre aucune comparaison avec les chantres de notre variété actuelle. À défaut d'Obispo, c'est du côté de Burt Bacharach qu'il faut lorgner pour retrouver la trace de ces morceaux racés et subtils. Ainsi, La Baie, coécrite avec Jérôme Soligny, culmine-t-elle au-dessus du lot, portée par force trompettes et choeurs walkonbyesques. D'ailleurs, la composition de l'album à Ibiza, en compagnie des Valentins, y est peut-être pour quelque chose ? Notes aquatiques sur La Mémoire Vive et parties au piano très Unfinished Sympathy qui accompagnent le cinématographique Ouverture mettent habilement en relief la voix sans aspérité de Daho. La présence de Vanessa Daou sur Make Believe annonce une future collaboration plus suivie. On ne se lassera jamais de le répéter : cet homme a toujours eu la classe.
Estelle Chardac
article extrait de :
MAGIC RPM #40
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