Routinier. Un épithète rarement accolé à
Étienne Daho, toujours prompt à remettre en question réflexes et habitudes.
Mais de prime abord, la parution d’un live du Rennais errant ne constitue pas
un événement en soi. De Live Ed (1989) à Sortir Ce Soir (2004),
ces captations publiques ont émaillé une discographie exemplaire. Or, Daho Pleyel Paris diffère quelque peu des concerts précités. En 2008, le
chanteur part sur les routes de France pour (re)donner vie à son Invitation.
Mais plutôt que d’enchaîner les Zénith en deux temps, trois mouvements, il préfère
combler les petites salles, de Sanary-sur-Mer à Bruay-la-Buissière. En ces
temps de frilosité et de cachetonnage généralisé, ce geste louable et courageux
se doit d’être salué. Après cette tournée au long cours, il était temps
d’attaquer Paris. Hasard ou coïncidence, Pleyel lui donne rendez-vous pour une
date unique, le 3 décembre 2008.
La majestueuse salle parisienne, plus familière des concertos que des concerts pop, avait déjà changé d’Air et désirait s’ouvrir à la variété – elle ne pouvait mieux tomber (pour la France). Entouré d’un groupe solide, Étienne Daho peut se laisser aller, harangue sensuellement la foule, défend évidemment l’Invitation, et pioche allègrement dans ses Lp’s préférés (dont le new-yorkais Paris Ailleurs (1991) ou l’incompris Eden(1996)). A l’exception de If (en duo virtuel avec Charlotte Gainsbourg), Réévolution (2005), le moins convaincant de ses albums, est tout simplement oublié. Si quelques tubes sont délaissés, d’autres restent inévitables : Saudade, Epaule Tatoo, Le Premier Jour (Du Reste De Ta Vie)…
Il s’agit moins ici de réactualiser les chansons que de donner une version naturelle et organique d’un répertoire qui s’étale sur presque trente ans. Pour le reste, Daho Pleyel Paris permet de toucher du doigt ce qui séduit immédiatement chez ce Mythomane : une capacité à virevolter de l’émouvant (Sur Mon Cou, Boulevard Des Capucines) au galvanisant (Rendez-Vous Au Jardin Des Plaisirs), une habileté à traiter de sujets graves avec une légèreté atmosphérique. Particulièrement travaillée, la scénographie est parfaite dans ses moindres détails : obscurité, lumière tamisées, visuels délicats… Le théâtre des opérations est d’une rare élégance. Toucherait-on là à l’éternel ? Peut-être.
La majestueuse salle parisienne, plus familière des concertos que des concerts pop, avait déjà changé d’Air et désirait s’ouvrir à la variété – elle ne pouvait mieux tomber (pour la France). Entouré d’un groupe solide, Étienne Daho peut se laisser aller, harangue sensuellement la foule, défend évidemment l’Invitation, et pioche allègrement dans ses Lp’s préférés (dont le new-yorkais Paris Ailleurs (1991) ou l’incompris Eden(1996)). A l’exception de If (en duo virtuel avec Charlotte Gainsbourg), Réévolution (2005), le moins convaincant de ses albums, est tout simplement oublié. Si quelques tubes sont délaissés, d’autres restent inévitables : Saudade, Epaule Tatoo, Le Premier Jour (Du Reste De Ta Vie)…
Il s’agit moins ici de réactualiser les chansons que de donner une version naturelle et organique d’un répertoire qui s’étale sur presque trente ans. Pour le reste, Daho Pleyel Paris permet de toucher du doigt ce qui séduit immédiatement chez ce Mythomane : une capacité à virevolter de l’émouvant (Sur Mon Cou, Boulevard Des Capucines) au galvanisant (Rendez-Vous Au Jardin Des Plaisirs), une habileté à traiter de sujets graves avec une légèreté atmosphérique. Particulièrement travaillée, la scénographie est parfaite dans ses moindres détails : obscurité, lumière tamisées, visuels délicats… Le théâtre des opérations est d’une rare élégance. Toucherait-on là à l’éternel ? Peut-être.