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...© 1998 Amerik de Erik Arnaud

chronique d'album
"Malgré tout, j'emmerde la chanson française". Dans une année ô combien terne pour la chanson d'ici, les paroles incendiaires d'Érik Arnaud ("Que sont les deux tiers de l'iceberg, sinon merde, clichés, musique pour chien") font du bien à entendre, et surtout à écouter. Enfin, un auteur-compositeur qui a oublié de surfer sur la vague minima-liste, se dit-on à l'écoute d'un premier album diablement inspiré et parfaitement éclectique, où il est question de "Gainsbourg, Manset, Warren G, Pivot, Sardou, Zorro et Village People". Or donc, Érik Arnaud n'y va pas par quatre chemins. Même si son phrasé nonchalant et son instinct mélodique (Musiq, single en puissance) font passer comme une lettre à la poste ses états d'Amérik. Des missives musicales envoyées comme sont jetées les bouteilles à la mer, sans aucune illusion. "C'est vrai, tout a déjà été essayé. Et puis tout a échoué", chante-t-il. Et si on pense parfois à Diabologum, ce n'est pas seulement pour la présence du même ingénieur du son (Stéphane Teynié), mais plutôt pour son négativisme, la prétention en moins, même si la relecture musicale du American Psycho de Bret Easton Ellis rappelle les collages sonores des Toulousains. En dépit de quelques maladresses (dont la fin en eau de boudin de Sous Nos Yeux), souvent inhérentes aux premiers albums, Érik Arnaud est la révélation française de l'année.
Franck Vergeade
MAGIC RPM  #25
article extrait de :
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