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Saturno O Cipolla ?
archive mag février 2002
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Depuis la malheureuse séparation de Bästard, qui avait bien entendu été précédée du tout aussi malheureux split des Deity Guns, Éric Aldéa n'est apparemment pas resté inactif, mais c'est sans micro et sans sa guitare de droitier jouée à l'envers qu'on le retrouve dans ces sept pièces sans nom (à moins que le minutage ne tienne lieu de titre), dont cinq sont extraites du travail réalisé pour le chorégraphe Abou Lagra depuis 1998. La première superpose une flûte maghrébine sereine sur un son électronique texturé, angoissant dans son uniformité. La deuxième tuile cordes et fréquences fantomatiques dans une longue pièce aux subtils effets dramatiques. Plus loin, on entend une chaudière ronflante, lardée de bleeps et de scratchs, une alliance chaude et sombre de violoncelle et de synthés ou une pulsation sourde et rapide qui n'éclatera jamais en maelström. Avec des moyens différents, Aldéa explore toujours les facettes sombres, sans en rajouter dans le sensationnalisme. On pense à Bernard Hermann, ou, pour rester dans des références plus pop, à Radiohead dans ses moments les plus audacieux. On imagine surtout des paysages industriels en friche, à la fois inquiétants et familiers, désertés par l'humain mais encore vibrants de sa présence active.
Philippe Richard
article extrait de :
MAGIC RPM #58
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