Tout a déjà été dit sur l'art consommé de Marshall Mathers à transformer consciemment le rap en machine à produire du documentaire-fiction, spécialité nord américaine s'il en est que de détourner le show afin de faire froid dans le dos. Après la thèse, la re-thèse donc, puisque c'est dans les vieux pots... Ou le retour de la synthèse d'Eminem et de Mathers, sous le nom du logorrhéique Slim Shady, qui débite son vide existentiel sur un son West Coast sentant la batterie de voiture fondue et qui est à lui seul rédhibitoire. De l'art contemporain, en somme. Presser un disque suffit à faire dire qu'il y a peut-être là de la musique.