À nous qui ne
sommes ni héros ni poètes, et pas morts non plus, deux New-Yorkais offrent,
depuis une douzaine d’années, un accès direct aux Champs Élysées de la
mythologie des plages de béatitude éternelle réparties sur des disques
capiteux, ensorcelés par une voix et une guitare divines. Jennifer Charles et
Oren Bloedow avaient laissé en friche ces champs depuis Bum Raps & Love Taps (2005)
et y reviennent aujourd’hui avec un cinquième album somptueux, noir et âcre
comme la cendre en surface, incandescent et bouillonnant comme la lave en son
cœur. How We Die pose d’emblée le
décor enfumé d’un rock tendu et langoureux, qui se déhanche au ralenti dans une
danse moite avec le jazz.
Un piano rêveur déroule sa mélancolie inquiète sur presque toutes les chansons de The Afterlife, contrepoint parfait aux guitares charbonneuses de Bloedow, qui prouve avec une sobriété remarquable et une capacité à l’effacement la mesure de son talent. Sur la magnifique Drown Those Days, à peine une fine pluie de ses accords discrets tombe en fin de parcours ; sur la bien balancée Turns Me On, sa guitare semble entamer un dialogue houleux et dissonant avec le piano, qui a le dernier mot. Elysian Fields a aussi eu l’excellente idée de trousser un tube un peu déviant sur fond d’orgue maléfique, l’imparable Only For Tonight, troublant appel du pied aux paroles provocantes (“You, you know you look ok, although youy’ve got nothing to say/I’d like to take you home/I’ll be your life, your afterlife/I’ll be your wife, your sweet little wife/Only for tonight”).
Avec son inimitable façon de souffler le chaud et le froid, le duo déroule les ballades vénéneuses à tomber par terre (en particulier Climbing My Dark Hair, qui ressemble étrangement à une réponse new-yorkaise et jazzy au Climbing Up The Wall de Radiohead) et porte le coup de grâce au dernier moment avec sa meilleure chanson à ce jour, la bouleversante Ashes In Winter Light. Là, Oren et Jennifer consomment leur séparation sur un mode très émouvant, où les souvenirs s’égrainent, traces d’une vie où subsistent les regrets, les amis évaporés, les parents disparus, les liens que l’amour a tissé et que rien ne détruira jamais.
Un piano rêveur déroule sa mélancolie inquiète sur presque toutes les chansons de The Afterlife, contrepoint parfait aux guitares charbonneuses de Bloedow, qui prouve avec une sobriété remarquable et une capacité à l’effacement la mesure de son talent. Sur la magnifique Drown Those Days, à peine une fine pluie de ses accords discrets tombe en fin de parcours ; sur la bien balancée Turns Me On, sa guitare semble entamer un dialogue houleux et dissonant avec le piano, qui a le dernier mot. Elysian Fields a aussi eu l’excellente idée de trousser un tube un peu déviant sur fond d’orgue maléfique, l’imparable Only For Tonight, troublant appel du pied aux paroles provocantes (“You, you know you look ok, although youy’ve got nothing to say/I’d like to take you home/I’ll be your life, your afterlife/I’ll be your wife, your sweet little wife/Only for tonight”).
Avec son inimitable façon de souffler le chaud et le froid, le duo déroule les ballades vénéneuses à tomber par terre (en particulier Climbing My Dark Hair, qui ressemble étrangement à une réponse new-yorkaise et jazzy au Climbing Up The Wall de Radiohead) et porte le coup de grâce au dernier moment avec sa meilleure chanson à ce jour, la bouleversante Ashes In Winter Light. Là, Oren et Jennifer consomment leur séparation sur un mode très émouvant, où les souvenirs s’égrainent, traces d’une vie où subsistent les regrets, les amis évaporés, les parents disparus, les liens que l’amour a tissé et que rien ne détruira jamais.