Élégante
silhouette longiligne, cheveux épais et désordonnés, petites lunettes rondes,
rien ne trahit au premier regard cette sorte de spontanéité sauvage avec
laquelle Elvis Perkins balance ses chansons sans se soucier des ravages
qu’elles provoqueront sur les âmes sensibles. Ce qu’il y avait de douceur
éplorée dans l’immense Ash Wednesday
(2007) s’est évaporé au contact des scènes que le jeune homme a arpenté avec
son gang, pour laisser place à un mélange instable et sublime de rock rugueux
et de folk ombrageux. Aujourd’hui, Elvis a constitué un groupe, probablement
l’un des meilleurs au monde.
Le quatuor fait corps autour de chansons puissantes et d’un chant absolument bluffant, dégaine les bonnes armes au bon moment : une section rythmique pesante, un orgue et un harmonica pour Shampoo, baignée dans la lumière glauque de chœurs patibulaires ; une guitare, un banjo et un harmonium pour Send My Fond Regards To Lonelyville, qui fait un détour par les chemins d’un jazz bancal et festif, avec des arrangements de cuivres étonnants. Trompette et saxophone éclairent d’autres chansons, comme ce Doomsday qui tourne à la fanfare exubérante et hystérique, ou How’s Forever Been Baby, la marche funèbre qui clôt l’album. Elvis Perkins In Dearland prend le mal à la racine et puise son énergie brute dans le rock’n’roll des années 50 (Hey, I Heard Your Voice In Dresden).
Mais ce qui saisit et retourne le plus sur ce disque exceptionnel, ce sont ces mélodies, diamants noirs parfois taillés grossièrement, parfois polis avec soin dans un mélange de sobriété et de sophistication stupéfiant. Ainsi, la poignante 1 2 3 Goodbye, crescendo dramatique construit sur un piano et un harmonium, une batterie grondante et une tornade de cordes somptueuses. Elvis Perkins In Dearland confirme ce que tout le monde avait instinctivement compris il y a deux ans : on tient là l’un des plus grands talents, l’une des plus fortes personnalités de notre génération. Et l’on attrape au vol ces mots d’Elvis pour un retour à l’envoyeur mérité : “You are worth your weight in gold/You are worth your weight in sorrow, baby”.
Le quatuor fait corps autour de chansons puissantes et d’un chant absolument bluffant, dégaine les bonnes armes au bon moment : une section rythmique pesante, un orgue et un harmonica pour Shampoo, baignée dans la lumière glauque de chœurs patibulaires ; une guitare, un banjo et un harmonium pour Send My Fond Regards To Lonelyville, qui fait un détour par les chemins d’un jazz bancal et festif, avec des arrangements de cuivres étonnants. Trompette et saxophone éclairent d’autres chansons, comme ce Doomsday qui tourne à la fanfare exubérante et hystérique, ou How’s Forever Been Baby, la marche funèbre qui clôt l’album. Elvis Perkins In Dearland prend le mal à la racine et puise son énergie brute dans le rock’n’roll des années 50 (Hey, I Heard Your Voice In Dresden).
Mais ce qui saisit et retourne le plus sur ce disque exceptionnel, ce sont ces mélodies, diamants noirs parfois taillés grossièrement, parfois polis avec soin dans un mélange de sobriété et de sophistication stupéfiant. Ainsi, la poignante 1 2 3 Goodbye, crescendo dramatique construit sur un piano et un harmonium, une batterie grondante et une tornade de cordes somptueuses. Elvis Perkins In Dearland confirme ce que tout le monde avait instinctivement compris il y a deux ans : on tient là l’un des plus grands talents, l’une des plus fortes personnalités de notre génération. Et l’on attrape au vol ces mots d’Elvis pour un retour à l’envoyeur mérité : “You are worth your weight in gold/You are worth your weight in sorrow, baby”.