Si Matthew Friedberger avait déjà placé son imagination débridée au cœur
d’un album solo, Winter Women & Holy Ghost Language School (2006), la
moitié féminine de The Fiery Furnaces ne s’était exprimée seule qu’à travers des
reprises sur Take Me Round Again
(2009). Inspirée par l’exercice, Eleanor Friedberger a voulu prolonger cette
parenthèse solitaire le temps d’un album. Et donner libre cours à son amour des
mélodies sucrées et des compositions équilibrées. Délestée de son frangin
amateur de concepts tordus, Eleanor laisse s’exprimer sa fibre pop sur des
structures basiques dépassant rarement les trois minutes conventionnelles.
Venant d’elle, ce conformisme ne manquera pas d’en décevoir certains. Mais ces
grincheux-là auraient tort de bouder leur plaisir.
Car ce qu’Eleanor Friedberger perd en folie et en subversion, elle le gagne en sincérité et en émotion. Puisqu’elle n’incarne plus les personnages fictifs des Fiery Furnaces, elle chante ici en son propre nom, et, loin de la slammeuse redoutable qu’elle joue aux côtés de son frère, la voilà qui laisse apparaître des brèches, dévoilant même sa vulnérabilité. Sa voix de garçonne séduit lorsqu’elle se perd dans les méandres du désir (One-Month Marathon) ou du souvenir. Alors certes, ce premier LP solo se heurte parfois à l’écueil de la facilité (la platitude de Glitter Gold Year), mais la simplicité des ballades à la Lennon (Heaven), l’efficacité des tubes en puissance (le très Motown I Won’t Fall Apart On You Tonight), la fragilité des incursions folk (Scenes From Bensonhurst) achèvent de désarmer toute forme de méfiance. Le regard perdu dans le vague, on cèdera, nous aussi, aux sirènes de la nostalgie avec Last Summer.
Car ce qu’Eleanor Friedberger perd en folie et en subversion, elle le gagne en sincérité et en émotion. Puisqu’elle n’incarne plus les personnages fictifs des Fiery Furnaces, elle chante ici en son propre nom, et, loin de la slammeuse redoutable qu’elle joue aux côtés de son frère, la voilà qui laisse apparaître des brèches, dévoilant même sa vulnérabilité. Sa voix de garçonne séduit lorsqu’elle se perd dans les méandres du désir (One-Month Marathon) ou du souvenir. Alors certes, ce premier LP solo se heurte parfois à l’écueil de la facilité (la platitude de Glitter Gold Year), mais la simplicité des ballades à la Lennon (Heaven), l’efficacité des tubes en puissance (le très Motown I Won’t Fall Apart On You Tonight), la fragilité des incursions folk (Scenes From Bensonhurst) achèvent de désarmer toute forme de méfiance. Le regard perdu dans le vague, on cèdera, nous aussi, aux sirènes de la nostalgie avec Last Summer.