Sur son
cinquième LP, Elbow soupèse ses arguments et ses arrangements avec le
savoir-faire de l’artisan amoureusement attentionné. Mais tout à son souci du
détail, le groupe ne voit pas le danger qui jette une ombre déplorable sur ce
morne Build A Rocket Boys! :
l’ennui. Si la frontière pouvait autrefois être ténue entre allants épiques et
tentation de l’emphase, au moins les disques du quintette avaient-ils du
relief, tiraillés entre hymnes touffus et lentes dérives acoustiques. Elbow a
aujourd’hui le psychédélisme monochrome, déclinant courageusement ses
compositions dans des dégradés de gris que seuls des arrangements parfois
stupéfiants sortent du brouillard. Le morceau de bravoure est cette fois placé
d’entrée de jeu et ce sont les huit minutes sourdes de The Birds qui accueillent l’auditeur.
Les percussions grelottent, la guitare grommèle dans son coin jusqu’à ce que tombe une fine pluie électronique qui tourne à l’inondation synthétique. Une chorale rend un brin sentencieux le recueillement de Lippy Kids et The River, mais donne son étrangeté à l’excellente With Love. Habituellement impérial dans le registre d’une pop psychédélique qui tabasse, Elbow échoue ici faute de refrain fédérateur (Neat Little Rows, faiblard). Au cœur de l’album se cachent deux chansons particulièrement remarquables : Jesus Is A Rochdale joue sur le minimalisme d’une guitare acoustique à peine effleurée et de bouts de claviers qui semblent jetés là au hasard ; posée sur des nappes synthétiques, la magnifique The Night Will Always Win renoue avec une veine plus lyrique, Guy Garvey déposant à nos pieds ces quelques mots évocateurs : “The night will always win/The night has darkness on its side”.
Les percussions grelottent, la guitare grommèle dans son coin jusqu’à ce que tombe une fine pluie électronique qui tourne à l’inondation synthétique. Une chorale rend un brin sentencieux le recueillement de Lippy Kids et The River, mais donne son étrangeté à l’excellente With Love. Habituellement impérial dans le registre d’une pop psychédélique qui tabasse, Elbow échoue ici faute de refrain fédérateur (Neat Little Rows, faiblard). Au cœur de l’album se cachent deux chansons particulièrement remarquables : Jesus Is A Rochdale joue sur le minimalisme d’une guitare acoustique à peine effleurée et de bouts de claviers qui semblent jetés là au hasard ; posée sur des nappes synthétiques, la magnifique The Night Will Always Win renoue avec une veine plus lyrique, Guy Garvey déposant à nos pieds ces quelques mots évocateurs : “The night will always win/The night has darkness on its side”.
2 réactions réagir
moi je l'aime bien cet album
je suis d'accord avec vincent, j'ai vraiment regretté cet album!