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Depuis ses brillants débuts en 2000, Eiffel souffre du dédain de certains extrémistes du rock français, qui voient d'un mauvais oeil ses familiarités avec Noir Désir. Incapables d'enterrer les morts et de célébrer les vivants, ces pisse-froid ignorent ainsi l'essence même du rock, qui sans cesse recule pour mieux avancer. En 2007, Eiffel s'impose comme un groupe têtu, décidé à perpétuer la poésie d'un Ferré sous un orage rock'n'roll. Ceux que cette perspective enchante accueilleront à bras ouverts Tandoori, troisième album enregistré sous l'égide de Romain Humeau, toujours aussi à l'aise des deux côtés de la console. Mais bien que les qualités soient intactes jeu dynamique, son vaste et acéré, chant au cordeau, variations mélodiques élégantes , on ne peut feindre d'ignorer que cet album est la copie presque conforme du précédent. Comme sur Le Quart D'Heure Des Ahuris (2002), on recense plusieurs hommages habiles aux Pixies (Ma Part D'Ombre, Avec Des Si) et aux grands frères bordelais (Paris-Minuit, Dispersés), une ballade tire-larmes (Belle De Jour, jumelle de Tu Vois Loin), ainsi que l'inévitable diatribe politique sur fond blues rock (Bigger Than The Biggest, aussi dispensable que l'était T'As Tout, Tu Profites De Rien). À croire que les divers projets concrétisés depuis 2002 (concerts à cordes, enregistrement avec Bashung, escapade solo de Romain Humeau) n'ont affecté en rien la dynamique d'Eiffel. Un signe d'immobilisme regrettable pour ce groupe atypique et attachant.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #107


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