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Shootenanny!
archive mag juin 2003
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Après nous avoir servi un Souljacker méchamment bâclé, on aurait pu espérer qu'E se secoue un peu les méninges et trouve le moyen d'enregistrer un digne successeur à Electro-Schock Blues. Manque de chance, Mark Oliver Everett est plus que jamais à court d'inspiration. Et d'humour. Shootenanny! est le disque d'un homme replié sur lui-même, peut-être à l'image d'une partie de l'Amérique aujourd'hui. Songwriter plus que doué, qui sait habiller une chanson de trois fois rien, E est-il devenu un fieffé paresseux ? Car ce qui agace vraiment, c'est qu'il donne l'impression d'avoir été fait par-dessus la jambe. Certes, E peut sans effort pondre de belles mélodies (Rock Hard Times, Somebody Loves Yo u ), mais au regard de son talent, on est bien en droit d'exiger un peu plus que ces pop songs où l'aigreur a remplacé l'ironie féroce. Si sa voix est plus éraillée que jamais, la violence qui pouvait par le passé surgir au détour d'un titre s'est transformée en marmonnement boudeur (Lone Wolf, Wrong About Bobby). Shootenanny! ou l'histoire d'un musicien qui, au lieu de se bonifier comme un millésime, tourne au vinaigre.
Gilles Duhem
article extrait de :
MAGIC RPM #72
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