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Hombre Lobo de Eels

chronique d'album
Comme appelé par le chant magnétique de ses semblables, il se meut lentement. Comme débarrassé de toute enveloppe humaine, il se livre entièrement. Comme un loup-garou inspiré, Eels réapparaît finalement. Quatre ans après Blinking Lights And Other Revelations (2005), Mark Oliver Everett a choisi de placer son septième Lp sous le signe de l’animalité. Un cheval de bataille qu’il a toujours effleuré mais jamais embrassé. Ainsi, le Dog Faced Boy de Souljacker (2001) a grandi pour devenir la bête aguerrie de Hombre Lobo.

La barbe démesurée à la ZZ Top et la voix encore plus éraillée qu’auparavant, E reprend le sillon de la confession creusé sur ses précédents essais. Le sous-titre, 12 Songs Of Desire, donne d’ailleurs le ton, le chanteur s’épanchant sur ses aspirations et ses frustrations, qu’il les chante ou les hurle (les cris de loup sur Fresh Blood). De ballades moroses en rock explosif, ce disque fait prendre une douche écossaise aux oreilles complaisantes. Un balancement d’autant plus surprenant qu’il repose sur des schémas avérés, le slow de That Look You Give That Guy ou le blues de Tremendous Dynamite.

Des chansons minimalistes qui échappent cependant à tous les poncifs du rock primaire en offrant des mélodies saisissantes. Certes, on ne retrouvera pas ici la rutilance de Novocaine For The Soul (1997), mais le loup vieilli a su garder ce talent d’allier simplicité et réussite, pour notre plus grand plaisir.
Nina Rolland
MAGIC RPM  #132


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