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Le collectif de Bloomington nous a souvent fait le même effet que ces amis, atteints d’un mal incurable : la lenteur. Si celle-ci fait généralement (du Crazy Horse à Low) des merveilles en terres américaines, le principe faisait chez Early Day Miners quasiment figure de handicap. C’est donc probablement une anti-mouche tsé-tsé qui a dû traverser l’Indiana récemment et transfiguré nos oursons en leur inculquant un élixir de jeunesse – une jeunesse passée en Angleterre pendant les années 80, serait-on tentés d’ajouter. On ne doute pas un instant que l’écoute soutenue du chef-d’œuvre Fear Is On Our Side (2006) de leurs voisins de label I Love You But I’ve Chosen Darkness ait pu jouer un rôle prédominant dans cette mutation.

Il aura donc fallu cinq albums pour que le groupe se réinvente et aille faire un tour du côté de The Cure, Talk Talk (The Surface Of Things, impérial) ou de New Order avachi dans la grange (In The Fire, en ouverture). Puis de faire subir le même traitement aux Stockholm Monsters et à The Wake (So Slowly), transformant son handicap en alchimie. Un peu moins génialement cryptique que Windsor For The Derby, la bande de Daniel Burton évolue pourtant désormais dans le même pré carré créatif (Becloud, l’impeccable Spaces) et n’hésite pas à l’élargir vers un certain optimisme en taquinant The Beloved à la plage (le très badin How To Fall). Avant de revenir à dame nature (Silver Oath, hommage court mais sincère à Fairport Convention). Conclusion illogique d’un album long en bouche qui prouve certains Américains s’en tirent bien mieux dans la new-wave britannique que d’autres en cravates.
Etienne Greib
MAGIC RPM  #135


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