Bien plus qu’une blague de potaches, Peace Love Death Metal fut, il y a deux saisons, un impeccable défouloir estival. On se demande d’ailleurs pourquoi ce Death By Sexy…, qui tente de renouveler l’exploit, ne sort ici qu’à notre retour des plages, alors qu’il est disponible depuis le printemps en import. Indépendamment de ces dramatiques erreurs de calendrier, Eagles Of Metal, meilleur groupe crétin de la décennie, est le fascinant terrain de jeux régressif d’un Queens Of The Stone Age ayant besoin de relâcher la pression (Josh Homme) et d’un Jesse Hugues toujours en verve quant il s’agit de faire remuer le bassin, et plus si affinités. On pourra éventuellement se plaindre que ce disque est mieux produit que le premier, dont la simplicité frontale nous avait pris en traître. Certes, le spectre sonore a tendance à verser dangereusement vers les aigus. On pourrait avancer que Eagles Of Death Metal est le meilleur groupe de reprises de Cheap Trick au monde, mais ce serait un peu restrictif. Toujours est-il que cet album est taillé pour la roupe, plein d’un allant stonien, de guitares abrasives, de chansons simples mais pas simplistes, à l’efficacité prouvée sur des bataillons de danseurs ayant depuis toujours abdiqué toute bienséance afin de mieux se vautrer dans le stupre. À l’heure actuelle, il n’est pas sûr que d’autres formations américaines arrivent à résumer l’hédonisme primitif des fondations du binaire via quelques idiomes pop metal de base. Eagles Of Metal y parvient avec une déconcertante facilité, les doigts dans le nez en prime. On entend souvent rire dans Death By Sexy…, grand disque couillon et inusablement jouisseur.