Guitariste
précis et songwriter régulier au sein de Maxïmo Park, le myope Duncan Lloyd
tente avec Seing Double l’échappée en
solo, mais conserve ses élégantes montures Cutler & Cross dans toutes les
occasions. C’est peu de dire qu’il voit double, même triple, tant son bébé
trahit moins une gémellité avec les disques de son groupe qu’une aptitude à
pointer mille yeux en direction de plusieurs moments glorieux survenus durant
près de quatre décennies (dont celle en cours), de Television aux Undertones en
passant par Richard Hell, Sebadoh, The Lemonheads, The Strokes et Babyshambles.
Le style de Duncan, qui n’est pourtant pas le fils de Richard Lloyd, est toutefois moins conquérant que celui de Maxïmo Park. Son érudition manifeste est employée à la composition d’une dizaine de petites fusées soniques. Cette collection humble et tonique traduit davantage le plaisir (et le talent) de jouer plutôt que la prétention de s’afficher en archiviste du rock. Les clins d’œil sont discrets, le souci de la référence écarté au profit de la concision et de la célérité qu’on lui connaît depuis la sortie de A Certain Trigger (2005).
Puisque la nécessité de se mettre en avant ne se fait pas sentir chez le jeune homme, la pire injure qu’on pourrait lui adresser serait de s’arrêter à cette formule pour qualifier son travail : un petit disque attachant. En réalité, avec sa voix de garçon sage posée sans coup férir sur cet enregistrement fait de multiples lignes droites qui dissimulent une certaine indolence, voire un goût pour un songwriting un peu bancal, Lloyd prouve qu’il a plus d’un tour dans son sac. S’il voit double, c’est pour mieux ôter les œillères.
Le style de Duncan, qui n’est pourtant pas le fils de Richard Lloyd, est toutefois moins conquérant que celui de Maxïmo Park. Son érudition manifeste est employée à la composition d’une dizaine de petites fusées soniques. Cette collection humble et tonique traduit davantage le plaisir (et le talent) de jouer plutôt que la prétention de s’afficher en archiviste du rock. Les clins d’œil sont discrets, le souci de la référence écarté au profit de la concision et de la célérité qu’on lui connaît depuis la sortie de A Certain Trigger (2005).
Puisque la nécessité de se mettre en avant ne se fait pas sentir chez le jeune homme, la pire injure qu’on pourrait lui adresser serait de s’arrêter à cette formule pour qualifier son travail : un petit disque attachant. En réalité, avec sa voix de garçon sage posée sans coup férir sur cet enregistrement fait de multiples lignes droites qui dissimulent une certaine indolence, voire un goût pour un songwriting un peu bancal, Lloyd prouve qu’il a plus d’un tour dans son sac. S’il voit double, c’est pour mieux ôter les œillères.