C'est devenu la règle : chaque label indépendant et américain se doit
d'avoir son groupe de filles noisy aux accents sixties. Ainsi, les petites
protégées de Captured Tracks, l'une des meilleures maisons du moment, sont
désormais abritées par l'historique Sub Pop. Voilà pour la prometteuse genèse
qui mélange passé et présent de la même façon que les chansons de Dum Dum
Girls. Dès le premier Ep, Dee Dee et ses comparses montraient des dispositions
à rendre la concurrence pâle de jalousie, et le titre Catholicked
offrait ce que l'on pouvait attendre de mieux de la résurrection de la pop à
guitares pétaradantes. Puis The Mayfair Set, le projet de la bibliothécaire et
de l'inusable Mike Sniper (Blank Dogs) venait confirmer tout le bien que l'on
pensait la demoiselle.
Les Dum Dum s'annonçaient comme un groupe de la trempe de Crystal Stilts et de Best Coast, l'un de ceux qui justifient les modes par leur seule excellence. Sur ce premier album, la production signée Richard Gottehrer (membre de The Strangeloves et derrière les manettes pour Blondie et The Raveonettes) est certes assagie, mais l'intention reste sauvage comme le démontre la délicieuse introduction It Only Takes One Night. Évidemment, comme ce fut le cas pour Vivian Girls, le nom de Black Tambourine – dont les jeunes filles ont enregistré une reprise de l'impeccable Throw Aggi Off The Bridge – saute à l'esprit. La ressemblance avec Brilliant Colors est aussi difficile à passer sous silence. Les mêmes manières de riot grrrl viennent pimenter une image qui, à défaut, pourrait paraître trop douceâtre, insuffisamment rebelle. La dictature du cool post-Boulevard De La Mort (Tarantino, 2007) admet les minauderies féminines si elles sont contrebalancées par un minimum de goût pour le sang.
C'est toutefois lorsque Dee Dee se fait plus tendre et romantique qu'elle touche le plus directement au but comme lors du somptueux duo avec Brandon Welchez (leader de Crocodiles et monsieur Dee Dee) : Blank Girl est une chanson remarquable que l'on croirait exhumée du répertoire de Linda Scott. Efficaces et sans fioritures, les onze titres de I Will Be sont faits dans le moule du classicisme garage : un couplet, un refrain et le talent mélodique leur suffisent. Si l'on regrette parfois l'absence de folie et cette rigueur scolastique, on se surprend à fredonner encore et encore les refrains entêtants de Jail La La, The Rest Of Your Lives et Yours Alone. Faute d'avoir accompli le chef-d'œuvre attendu, Dee Dee et ses girls peuvent se féliciter d'avoir réalisé un disque sans défaut.
Les Dum Dum s'annonçaient comme un groupe de la trempe de Crystal Stilts et de Best Coast, l'un de ceux qui justifient les modes par leur seule excellence. Sur ce premier album, la production signée Richard Gottehrer (membre de The Strangeloves et derrière les manettes pour Blondie et The Raveonettes) est certes assagie, mais l'intention reste sauvage comme le démontre la délicieuse introduction It Only Takes One Night. Évidemment, comme ce fut le cas pour Vivian Girls, le nom de Black Tambourine – dont les jeunes filles ont enregistré une reprise de l'impeccable Throw Aggi Off The Bridge – saute à l'esprit. La ressemblance avec Brilliant Colors est aussi difficile à passer sous silence. Les mêmes manières de riot grrrl viennent pimenter une image qui, à défaut, pourrait paraître trop douceâtre, insuffisamment rebelle. La dictature du cool post-Boulevard De La Mort (Tarantino, 2007) admet les minauderies féminines si elles sont contrebalancées par un minimum de goût pour le sang.
C'est toutefois lorsque Dee Dee se fait plus tendre et romantique qu'elle touche le plus directement au but comme lors du somptueux duo avec Brandon Welchez (leader de Crocodiles et monsieur Dee Dee) : Blank Girl est une chanson remarquable que l'on croirait exhumée du répertoire de Linda Scott. Efficaces et sans fioritures, les onze titres de I Will Be sont faits dans le moule du classicisme garage : un couplet, un refrain et le talent mélodique leur suffisent. Si l'on regrette parfois l'absence de folie et cette rigueur scolastique, on se surprend à fredonner encore et encore les refrains entêtants de Jail La La, The Rest Of Your Lives et Yours Alone. Faute d'avoir accompli le chef-d'œuvre attendu, Dee Dee et ses girls peuvent se féliciter d'avoir réalisé un disque sans défaut.