On s'était échauffé pour signer une déclaration d'amour éternel à MF Doom à
l'occasion de cette chronique, et voilà qu'il nous pond son plus mauvais
disque. Pas sympa. Bien sûr, on peut tout de même vous conseiller d'acquérir Born
Like This, puisque c'est l'œuvre du meilleur Mc du monde, qui n'est pas non
plus un compositeur manchot. Mais il faut bien avouer qu'une bonne moitié de ce
nouvel opus, sans être indigne, est assez peu enthousiasmante. Comme si en se recentrant
sur son alias le plus connu, le vengeur masqué du rap avait perdu certains de
ses superpouvoirs.
Connu pour multiplier les couvertures (Zev Luv X, Viktor Vaughn, King Geedorah) et les collaborations (son groupe KMD, MF Grimm, Madlib, Danger Mouse), on le sent un peu démuni lorsqu'il doit s'occuper seul de la production. La présence de Madlib (Absolutely, classique mais efficace), de Jake One (bon esprit gangsta sur Rap Ambush et Microwave Mayo) et surtout du regretté J Dilla (les plus forts et ambitieux Gazzillion Ear et Lightworks) permet d'ailleurs clairement de mesurer ses faiblesses en la matière. Avec un zéro pointé pour les cordes crispantes du poussif Batty Boyz et un bon point pour les cordes lascives du mélancolique That's That. Parvenu au Thank Yah final, qui reprend la boucle electro soul galvaudée de la Supervillain Intro, on hésite beaucoup à lever les deux pouces. C'est le problème avec cet impératif de sincérité critique : on achève l'écriture de sa chronique avec des mots d'amour coincés entre les dents.
Connu pour multiplier les couvertures (Zev Luv X, Viktor Vaughn, King Geedorah) et les collaborations (son groupe KMD, MF Grimm, Madlib, Danger Mouse), on le sent un peu démuni lorsqu'il doit s'occuper seul de la production. La présence de Madlib (Absolutely, classique mais efficace), de Jake One (bon esprit gangsta sur Rap Ambush et Microwave Mayo) et surtout du regretté J Dilla (les plus forts et ambitieux Gazzillion Ear et Lightworks) permet d'ailleurs clairement de mesurer ses faiblesses en la matière. Avec un zéro pointé pour les cordes crispantes du poussif Batty Boyz et un bon point pour les cordes lascives du mélancolique That's That. Parvenu au Thank Yah final, qui reprend la boucle electro soul galvaudée de la Supervillain Intro, on hésite beaucoup à lever les deux pouces. C'est le problème avec cet impératif de sincérité critique : on achève l'écriture de sa chronique avec des mots d'amour coincés entre les dents.