Donc sur l’avant La Fossette (1992), un intitulé inspiré par La Fanette de Brel, “une chanson d’amour déçu et de mort, qui me touche comme aucune autre”. Dans ce court récit (74 pages), qui frappe par sa fluidité et sa prose aiguisée, l’auteur se souvient d’un état paradoxal : “Moi qui suis timide, je ne le suis pas quand je chante devant [les adultes]”. Avant de confier, sans détour : “Je ne souffre pas quand j’écris. Je suis porté par l’excitation éprouvée au moment où jaillit l’idée, où le temps s’est brièvement suspendu”.
S’ensuit un discours de la méthode, qui permet d’approcher au plus près les tourments du chanteur bien vivant (Dieu soit loué), entre impasse créative et dynamitage artistique : “Il faut accepter de décevoir et apprendre l’humilité”. Dominique A aborde aussi son rapport physique à la musique – un point essentiel chez cette authentique “bête de scène”, qui n’a que peu d’équivalent dans le paysage hexagonal. C’est parfois l’auditeur ou le mélomane Dominique Ané qui se confie dans ces lignes sincères et rythmées, laissant souffler l’auteur-compositeur-interprète.
Ennemi juré de la flamboyance, Dominique A insiste sur le choix d’expression de la langue française, “phonétiquement peu accentuée, un genre de bourdonnement, ou de ronronnement dans le meilleur des cas”. Vous ne regretterez pas le voyage intérieur proposé par ce chanteur majuscule.