Si chaque album de Dominique A est un miroir tendu aux émois
et tourments de son auteur, on peut d’ores et déjà avancer que La Musique s’écoute, non comme un retour
au calme, mais comme une seconde jeunesse. Entre lui et nous, s’ouvre
aujourd’hui un horizon débouché, libéré des crispations antérieures et des
tentatives pompières qui plombaient le luxuriant Tout Sera Comme Avant (2004). C’est aussi une redécouverte, celle
du travail en solitaire et de l’impureté formelle. “J’aime bien respirer, j’aime bien me sentir seul/ J’aime avoir de la
chance et me faire embrasser”, entend-on sur l’existentiel et sublime Le Sens qui ouvre les festivités sur une
boîte à rythmes discrète, un chant meurtri et des chœurs en crescendo ravageur.
Mais s’agit-il pour autant de la résurrection de La Fossette (1992), chef-d’œuvre inaugural dont on ne se lassera jamais ? Pas vraiment, car le quatre-pistes de Dominique A en possède aujourd’hui trente-deux et que l’expérience acquise n’est plus tout à fait de l’innocence. Avec son titre générique, La Musique jouit d’un geste ample qui brasse une succession d’états polychromes, où une allégresse fortifiante (Immortels, Le Bruit Blanc De L’Été) le dispute à une part d’ombre pleinement assumée et nimbée de mystère (Qui Es-Tu ?, Les Garçons Perdus, Hotel Congress). Ces titres introspectifs sont aussi les plus émouvants qu’on ait entendus depuis longtemps et renvoient directement à Remué (1999), disque électrique en avance sur son temps dont on comprend mieux, avec dix ans de recul, toute la beauté maladive. Après s’être fourvoyé dans un ressassement atonal pas très enthousiasmant, Dominique A tutoie à nouveau les cimes et sa musique, d’une densité folle, s’abreuve à la source d’un artisanat inouï qui n’appartient qu’à lui.
Mais s’agit-il pour autant de la résurrection de La Fossette (1992), chef-d’œuvre inaugural dont on ne se lassera jamais ? Pas vraiment, car le quatre-pistes de Dominique A en possède aujourd’hui trente-deux et que l’expérience acquise n’est plus tout à fait de l’innocence. Avec son titre générique, La Musique jouit d’un geste ample qui brasse une succession d’états polychromes, où une allégresse fortifiante (Immortels, Le Bruit Blanc De L’Été) le dispute à une part d’ombre pleinement assumée et nimbée de mystère (Qui Es-Tu ?, Les Garçons Perdus, Hotel Congress). Ces titres introspectifs sont aussi les plus émouvants qu’on ait entendus depuis longtemps et renvoient directement à Remué (1999), disque électrique en avance sur son temps dont on comprend mieux, avec dix ans de recul, toute la beauté maladive. Après s’être fourvoyé dans un ressassement atonal pas très enthousiasmant, Dominique A tutoie à nouveau les cimes et sa musique, d’une densité folle, s’abreuve à la source d’un artisanat inouï qui n’appartient qu’à lui.