Dj Shadow serait-il devenu l'ombre de lui-même ? C'est que le plus fameux des Dj's de la Bay Area se traîne un sacré boulet aux poignets : Endtroducing... Soit le titre d'un premier album qui l'intronisa roi du hip hop instrumental, "best sampler player", et accessoirement, défricheur de pop éclectique, électrique et électronique. On l'a pourtant recroisé pour le meilleur (des mixes réalisés en la fort bonne compagnie de Cut Chemist) comme pour l'encore meilleur (à la tête du projet UNKLE). On se souvient surtout de l'avoir vu, perdu dans la cave d'un magasin de vinyles san franciscain, au détour d'un documentaire dédié à l'art du turntablism, un film justement intitulé Scratch. Il y délivrait une profession de foi basée sur la modestie : ses propres disques iraient un jour rejoindre la poussière de l'un de ces caveaux remplis de milliers d'autres pressages. Voilà donc six ans après le deuxième Lp de Shadow qui, de l'aveu même de son créateur, s'annonce comme étant un disque fait "maison" et façonné pour l'entertainment. Ce n'est pas que la joie ait vraiment gagné ce pince-sans-rire de Shadow, mais disons qu'effectivement The Private Press sample très large pour distiller une pop toujours aussi ténébreuse, mais beaucoup moins surprenante. On vérifie parfois que l'on n'a pas oublié sur la platine un vieux Frankie Goes To Hollywood (Blood On The Motorway avec ses accents de The Power Of Love). Josh Davis n'a pas froid aux oreilles et réussit quand même ce tour de force, digne d'un passe muraille sonore, qui est de se fondre dans une masse musicale des plus hétérogène. Manque néanmoins la Mida's Touch qui transformait autrefois le vinyle en or...