Pour ceux qui ont la mémoire courte ou sélective, Olivier Brion - l'homme à tout faire de Discover - est un des pionniers de la pop française aux accents anglophiles, qui fonda Dorian Gray à l'aube des années 90, puis les Yachines, en référence au légendaire gardien de foot russe. Après avoir disparu du circuit musical pour mieux se ressourcer, ce natif de Charleville-Mézières est réapparu en 2002, signant avec High Lifele parfait condensé d'un compositeur épris des Beach Boys et d'un interprète blanc se rêvant en chanteur noir. Annonçant d'entrée la couleur, Calfornia Songsest assurément l'enregistrement le plus mûr, inspiré et chatoyant que l'homme ait jamais fait. En onze plages ensoleillées - auxquelles il faut ajouter un remix de Spaceman par Concorde Music Club, qui produit tout l'album de main de maître, et une reprise cachée du Lost In The Supermaketdes Clash (qui possède la même grille d'accords que le Week-End À Romede notre Étienne national) -, Discover flirte autant avec le soleil de la Californie (Back To LA) qu'avec les rues de New York (l'imparable single Gena Rowlands (L'Été Recommence)), les années 60 (Summerstereo) que les années 80 (la reprise dansante du Leave Me Alonecouplé à l'intouchable 1963 de New Order), la légèreté insouciante (I Believe) que la tristesse apparente (Bird In A Cage, en duo avec l'actrice-chanteuse Julie Delpy). Justifiant définitivement son surnom d'Olivier "Brian", ce disque devrait enfin permettre à son auteur de gagner la reconnaissance publique qui lui fait encore défaut, après tant d'années de bons et loyaux services.