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Micro-sensation de l'année chez les amateurs de bizarre américain, The Getty Address est un projet farfelu et ambitieux qui devrait logiquement diviser le très petit nombre de gens qui y jetteront une oreille. Son maître d'oeuvre, Dave Longstreth, le présente comme un opéra consacré à Don Henley, le leader de... Eagles ! Le propos d'ensemble est fumeux et met à rude épreuve le sens de l'humour de l'auditeur bienveillant. Musicalement, l'histoire se corse un peu : fruit de deux ans de travail, l'album est une expérience assez fascinante. Longstreth a d'abord enregistré séparément un ensemble de cordes et d'instruments à vents, un choeur féminin, des percussions d'une richesse impressionnante : clochettes, xylophone, marimba, vibraphone etc. Puis, le savant fou a numérisé ce matériau, l'a samplé, déconstruit, reconstruit. L'ensemble évoque alternativement Stockhausen, le Plastic Ono Band, un avatar monstrueux de la collection de musique du monde Ocora, The Fiery Furnaces ou Ravel, mais ne ressemble strictement à rien, sinon à une interminable publicité pour le paracétamol. Ce patchwork informatisé pourrait être séduisant, mais le chant de Longstreth (ânonnement aigu prodigieusement agaçant) rend vite fou. Une certaine conscience professionnelle a poussé le valeureux chroniqueur à écouter plusieurs fois The Getty Address. Ses nerfs ont lâché la plupart du temps avant la fin des cinquante-six longues minutes. Un grand moment de solitude.
VINCENT THÉVAL
MAGIC RPM  #94


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François - 01/05/2010 17:14
Chronique lamentable, alors que la plupart des disques que vous chroniquez ont 4 ou 5 étoiles. C'est sûr que ce n'est pas de la musique qui plaira à tout le monde et c'est tant mieux !