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Romance At Short Notice

archive mag juillet 2008
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L’affaire semblait pourtant réglée depuis un bail : la comète Libertines crashée, ne restait qu’un mort-vivant nommé Pete Doherty, gauchiste rêveur et halluciné fourmillant de mélodies débridées. Son acolyte, le droitier Carl Barât, pragmatique et petit bras, était mort de ses blessures, enregistrées sur le désastreux et bien nommé Waterloo To Anywhere (2006). Dès lors, la parution de Romance At Short Notice est une surprise de taille. Plus qu’un second Lp, Dirty Pretty Things livre l’album de la dernière chance. Et la saisit avec un certain panache. Certes, cette “improvisation romanesque”, enregistrée en vrai-faux live, n’est pas exempte de scories. La nostalgie d’une jeunesse fougueuse ne produit ici que de dispensables résidus rageurs : Best Face et sa vaine crânerie, la géométrique mais brouillonne Kicks Or Consumption, ou le rock lourdaud de Hippy’s Son, placée sous les auspices (and love) d’un règlement de comptes générationnel paraissent à peine dignes du premier essai. Détaché, Barât ouvre son Plastic Heart, modèle de pop bancale, fumiste et enfumée qui prend son monde à contre-pied sur un chouette contretemps, avant d’“anglocentrer” le débat grâce à la “wellerienne” Tired Of England, premier single ravageur où les libertins entrelacs de voix ont laissé place à des chœurs parfaitement calés. Mais Chinese Dogs, niché entre The Velvet underground et The Strokes, voit le guitariste Anthony Rossomando prendre les commandes, engager un dialogue avec Carl et raviver la flamboyance d’antan. Naviguant entre folk électrique et pop attrape-cœurs, Barât montre enfin son vrai visage, oublie l’énergie du forceps pour mieux laisser filer son écriture, signant chansons de haute tenue et ballades à tomber (Faultlines à la simplicité désarmante ou The North, aux arpèges alanguis sur un lit de violons). Témoignage d’un groupe soudé, Truth Begins éclate et se révèle d’une grâce inouïe : une banale ballade superbement dévastée par d’épiques attaques de guitares, percutée par la batterie de Gary Powell et soignée par des cordes et des cuivres qui se chargent d’insuffler une foi que l’on croyait perdue. De ce sommet, Carl Barât relève la tête et envisage sereinement l’avenir. C’est à l’aune de cette réussite, et non plus des Libertines, que l’on jugera désormais une affaire heureusement loin d’être terminée.

Thibaut Allemand

magazine num 122 article extrait de :
MAGIC RPM #122


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