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Decent Work For Decent Pay: Collected Works Volume One de Diplo

chronique d'album
Baile G funk rap neo dub electro reggae house trip hip crunk hop club pop… Ouf, mieux vaut citer par souci de crédibilité tous les genres victimes d’attouchements de la part de Diplo depuis le début de sa carrière protéiforme (production, Dj set, les soirées Hellotronix, le label Mad Decent) pour évoquer l’esprit libéré cette compilation de remixes du satyre sonore basé à Philadelphie.

Moins adepte du tabassage rythmique à la française que d’un fuselage des sons véloce, Diplo maîtrise l’art de la relecture comme le biologiste celui de la dissection. Syncope vocale (Harder Better Faster Stronger de Daft Punk, Shake A Fist de Hot Chip), désossage radical (Let’s Make Love… de CSS, Veni Vidi Vici des Black Lips) ou réarrangements paillards (Put That Pussy On Me de Spank Rock, Paper Planes de sa protégée M.I.A.), Wesley Pentz assaisonne les commandes à ses diverses sauces avec une science de la mixture reconnue. Mais si ces travaux rémunérés (Bloc Party ou Peter Bjorn & John passent aussi à la moulinette) remplissent largement leur fonction noceuse, ce sont les quatre propres morceaux de Diplo qui impressionnent le plus ici.

Les méandres synthétiques de 200, entre le The Walk de The Cure et Omid, les bruitages collants et la 3D vocodérisée de Way More Brazil, ou le didgeridoo austral de Smash A Kangaroo (étonnante concordance avec Lion In A Coma d’ailleurs, la chanson toute neuve d’Animal Collective)… Les quatre titres de Diplo disséminés ça et là attisent le désir d’entendre un jour le successeur de Florida (2004), son seul véritable album à ce jour. Diplo peut bien s’en mettre plein les fouilles, la morale est sauve : l’argent ne fait ni le bonheur, ni la belle inspiration.

AnnA Lester
MAGIC RPM  #127


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