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Biographie

Les Dexys Midnight Runners resteront sans doute comme un cas à part dans la petite histoire de la pop britannique. Avec pour seul maître à bord le dénommé Kevin Rowland, présidant à la destinée d’une formation qui connaîtra multiples changements de personnel et de look, ce groupe saura s’approprier des styles (la soul, la musique irlandaise…) trop souvent galvaudés et, surtout, associer énorme succès commercial et respect béat de la critique. C’est sur les cendres des Killjoys, combo punk parmi tant d’autres,  que Rowland, accompagné alors par le guitariste Al Archer, lancera les Dexys en 1978. Six personnes se joignent aux deux initiateurs et enregistrent en 1979 un tout premier single, Dance Stance, suivi de l’époustouflant Geno (mai 1980), hommage parfait au chanteur sixties Geno Washington. Le disque monte jusqu’à la première place des charts et lance un premier album magnifique, Searching For The Young Soul Rebels. Alors qu’il impose à tous les membres de porter les mêmes tenues vestimentaires (directement inspirées par celle du De Niro docker dans  Mean Streets), le leader à l’ego démesuré se refuse à toute discussion et la moitié du groupe quitte le navire. Qu’à cela ne tienne, Rowland trouve bien vite des remplaçants pour enregistrer deux singles, Show Me et Liars A To E. Mais c’est en 1982 qu’il opère une véritable révolution. Il décide de fusionner soul et musique irlandaise traditionnelle et, pour ce faire, augmente ses Dexys d’une section de violon. Si la première sortie de cette nouvelle mouture, The Celtic Soul Brothers, s’avère un échec commercial, le simple suivant, le fameux Come On Eileen, se transforme en hit planétaire, succès confirmé par l’album Too-Rye-Aye. Alors que les membres vont et viennent lors d’interminables tournées, les Dexys deviennent des superstars aux États-Unis. Bizarrement, s’ensuit une longue période floue, où Rowland reste muet. Mais c’est pour mieux réapparaître en 1986. Cette fois ci, le retour s’effectue sous forme d’un quartette, qui a troqué le fameux look salopette pour des costumes trois-pièces et des tailleurs. Mais l’album Don’t Stand Me Down, malgré un accueil critique excellent, échoue. Après une dernière tournée européenne, Kevin Rowland décide de mettre un terme définitif à l’aventure. Après avoir réalisé un album solo fort moyen en 1988, The Wanderer, il vit en reclus et les rumeurs les plus alambiquées courent à son sujet – sans-abrispuis sort à la surprise générale, sur Creation Records (dont le mentor Alan McGee est un fan avéré de Rowland), un disque de reprises, tout en posant en sous-vêtements féminins, intitulé My Beauty. Face à l'incompréhension total du public, Rowland disparaît à nouveau de la circulation. Alors que les rumeurs les plus alambiquées courent à son sujet, il surgit une nouvelle fois de sa tannière, trois ans plus tard, à la tête d'une nouvelle incarnation de Dexy's Midnight Runners, qui donnent des concerts, réalisent un Dvd live (It Was Like This - Live, 2003), ainsi que deux inédits sur la compilation paruela même année, Let's Make This Precious.