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Pocket Revolution
archive mag octobre 2005
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Pour la première fois de son épique carrière, dEUS le seul groupe de rock du plat pays que retiendront les encyclopédies musicales aux côtés de TC Matic vient d'enregistrer un album moins bon que son prédécesseur... La déception (de taille) force à reconnaître que l'état de grâce qui animait Tom Barman à l'époque de l'impeccable The Ideal Crash a aujourd'hui fondu comme neige au soleil. Usant et abusant de la dynamique qui faisait de Instant Street un lieu proprement magique à visiter, Pocket Revolution s'englue dans un rock progressif où les couches de guitares s'empilent jusqu'à l'indigestion et de façon un peu trop prévisible. En effet, si ce dEUS entièrement remanié évoque plus Coldplay reprenant Radiohead que Pixies, The Fall ou New Order, l'absence de Craig Ward et ses guitares magiques y est pour beaucoup. Entre le départ de ce dernier apparemment plus difficile à surmonter que celui de Stef Kamil Carlens et les divers projets parallèles de Tom Barman, la gestation de ce cinquième Lp semble s'être placée sous le signe de la dispersion. Occupé un jour par son projet electro Magnus, le lendemain par ses concerts acoustiques en compagnie du pianiste Guy Van Nueten, et un autre sur son premier long-métrage (l'encourageant Anyway The Wind Blows), l'hyperactif auteur de Wake Me Up Before I Sleep n'a en effet pas manqué d'occasions d'user son capital créatif. À l'instar de Beck récemment, dEUS se singe lui-même pour la première fois et donne à Pocket Revolution des allures de collection de faces B regroupées à la hâte. Quant à l'hideuse usine à gaz qui orne la pochette, elle en dit finalement bien plus qu'un long discours sur cette collection de chansons au lyrisme dérisoire dont aucune ne saurait prétendre au titre de pop song ultime. Ce qu'on était pourtant en droit d'attendre de dEUS à ce stade de sa carrière.
RENAUD PAULIK
article extrait de :
MAGIC RPM #94
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