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Jamais deux sans trois : après les révélations, coup sur coup, des glacés Chromatics et des brûlants Glass Candy, c’est au tour de Desire de venir compléter un triptyque italo disco absolument renversant. C’est à Johnny Jewel, l’un des fondateurs de la structure Italians Do It Better, que l’on doit cette nouvelle merveille de pop au régime minimal, fruit de sa rencontre avec la Montréalaise Megan Louise, dont le chant bilingue possède une pureté cristalline qui évoque les grandes heures de Blondie.

De même que Night Drive(2007) de Chromatics et B/e/a/t/b/o/x (2008) de Glass Candy s’articulaient autour d’un prologue et d’un épilogue, ce premier Lp est moins dédié à l’amour qu’à ses revers : l’absence, l’attente, la dépendance et le fantasme sont autant de figures qui planent sur ces chansons aux boucles de guitares et de claviers vintage d’une simplicité envoûtante. L’introductif Montre-Moi Ton Visage se déploie comme dans un rêve éveillé et annonce l’imminence d’une rencontre, qui vire à l’idéalisation sur le discoïde et voluptueux Miroir Miroir. Puis l’état de grâce du couple fictif se brise sur les violons résignés de Don’t Call.

Commence alors une fuite en avant pour panser ses blessures sur les notes enveloppantes d’Under Your Spell et s’extraire d’une mélancolie quotidienne pour respirer un peu d’Oxygène, relecture intimiste et bouleversante de ce titre criard des années 80 interprété par Diane Dufresne et composé par Luc Plamondon (alors en plein succès Starmania), qui, contrairement au trackslisting indiqué, ne figure pas sur l’album. Desire porte évidemment bien son nom. Car une fois entré dans nos vies, ce disque tourne vite à l’obsession.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #135


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