On ne pourra pas reprocher à Demon de nous resservir deux fois le même plat. Le succès planétaire de You Are My High, maxi d'electro funk qui constitua avec son clip baveux (un baiser en plan séquence) une conclusion des plus "chaude" à un premier album déjà plutôt bien balancé (Midnight Funk), aurait constitué pour beaucoup une couronne de lauriers sur laquelle ils se seraient bien reposés. Mais Demon ne mange pas de ce pain-là , lui qui a décidé de ne pas répéter la même ritournelle en délaissant les sphères de l'électronique française et grand public pour partir à l'abordage d'un r'n'b mâtiné de ragga, de rap et d'electro. Le tout sonne au final comme une compilation de pop très popu. D'ailleurs, l'album a failli s'appeler Music That I Want To Hear. Le contraire - faire de la musique qu'on n'a pas envie d'entendre - eut été étonnant. Quoi qu'il en soit, le champ est vaste, sans doute trop. D'ailleurs, les bonnes intentions font rarement les bons disques. Demon s'est sans doute trompé de temps pour composer le titre de son album. Il s'agit bien plutôt de la musique que l'on aurait voulu écouter l'année dernière ou celle d'avant encore. Depuis, d'autres mastodontes sont passés, qui, des Neptunes à Timbaland, ont renvoyé ceux qui comme Demon courent après un autre air musical à leurs études et à des heures tardives de rotation sur MTV. Alors si l'on retrouve bien le (mauvais) goût de Missy Elliott dans le graphisme de la pochette, Awa, qui chante sur six morceaux, ne nous fait pas oublier la diva de Virginie. Les productions de Demon ne sont pas déshonorantes, mais n'activent ni le mollet, ni la tête. Il faut attendre les trois derniers morceaux pour être un tant soit peu transporté par des bouts d'essais rock (What The Fuck Is Going On?et Bounce) voire ému par la collaboration avec Craig Walker d'Archive (All We Got Is Us). Sur un album, c'est maigre et pas du tout représentatif de la tonalité générale.