En 2006, nous rencontrions les
quatre
garçons de Delorean qui venaient de passer à la vitesse supérieure avec leur
troisième album, Into The Plateau,
parfaite bande-son pour pistes de danse plongées dans l’obscurité.
Retour sur cette rencontre en
musique avec un groupe placé en pôle position pour enfin devenir une
révélation.
OLDARRA
Boga, Boga
(extrait de l’album Oldarra, 1997)
Ekhi(chant, basse) : Nous avons tous grandi en bord de mer au Pays Basque, on a donc écouté cette chanson plus d’une fois. (Sourire.) Je suis originaire de San Sebastian, mais ma famille a emménagé à Zarautz lorsque j’avais seize ans. Un année après, en 2000, nous avons commencé à jouer ensemble. Depuis, Unai et moi sommes partis vivre à Barcelone. Alors, on travaille comme on peut, avec pas mal d’allers-retours. En fait, nous avons un pied à Zarautz, où l’on chante Boga, Boga, et un autre à Barcelone, où l’on répète nos chansons. (Sourire.)
Unai (claviers) : On se réunit les weekends et surtout l’été, où l’on passe le plus clair de notre temps à composer.
Ekhi : Mais la situation va encore évoluer puisque l’an prochain je vais passer six mois à Paris pour mes études de philosophie. En fait, à côté du groupe, on a chacun gardé une activité.
Unai : Delorean reste notre priorité, tout simplement parce qu’on adore faire de la musique et qu’en plus, en ce moment, on arrive à en vivre grâce aux concerts.
Ekhi : Mais on préfère quand même garder une distance, on ne veut pas se laisser bouffer. Et je trouve que c’est une bonne chose.
IT’S NOT NOT
Push With The Rythm
(extrait de l’album No Time For Jokes, 2005)
Unai : On les connaît très bien, mais on n’est pas plus familier que ça avec leur musique. Igor et moi, nous jouons ensemble depuis douze ans. Et vers 1996, nous avions organisé un concert de It’s Not Not à Zarautz, dans notre salle de répèt’.
Ekhi : Nous sommes sur le même label. Au départ, B-Core était vraiment une histoire d’amis, tous les groupes étaient issus de la scène hardcore, qui était très vivante en Espagne il y a quelques années.
Unai : Notre premier album, on l’a sorti sur Underhill Records, la structure d’un ami de Pampelune, qui joue dans Half Foot Outside, une autre formation signée sur B-Core. Lorsque Jordi, le boss, nous a proposé de sortir nos disques, on a accepté car ça nous permettait d’aller de l’avant puisque son label était mieux établi.
LE HAMMOND INFERNO
Move Your MP-3
(extrait de l’album My First Political Dance Album, 2001)
Unai : Je ne vois pas du tout, mais ça ressemble à Kraftwerk !
Ekhi : Télex, peut-être ? Ah, Le Hammond Inferno… Effectivement, ils avaient envisagé de remixer l’un de nos morceaux, mais ça n’a pas abouti. C’est un ami commun de San Sebastian qui avait initié l’histoire.
Unai : Sur notre Ep de remixes (ndlr. The Metropolitan Death, 2005), la plupart ont été réalisés par des copains. Et sincèrement, j’aime bien une voire deux versions, mais le reste… (Sourire.)
Ekhi : C’était plus une question d’opportunités et de relations qu’autre chose, ce n’était pas un projet réfléchi.
Igor : Mais je trouve amusant et intéressant de découvrir la vision que les autres peuvent avoir de tes chansons.
Unai : En Espagne, il y a un producteur techno très connu qui sort des disques horribles, mais on va lui demander un remix juste pour pouvoir nous rendre compte ce que le pire peut donner sur un de nos morceaux ! (Sourire.)
LE TIGRE
Deceptacon (DFA Remix)
(extrait du Ep Remix, 2004)
Igor : Ce genre de production nous a beaucoup plu à un moment, nous a influencés, mais on s’en est déjà éloigné.
Ekhi : Moi, je préfère même la version originale désormais. À l’époque, on était assez impressionné par la clique DFA, qui nous a servi de porte d’entrée vers la scène dance.
Unai : En tant qu’auditeur, nous pouvons valoriser, apprécier cette musique, mais en tant que musicien, nous sommes incapables de la créer.
Ekhi : Voilà pourquoi on a travaillé avec un ami, D.A.R.Y.L., sur trois morceaux d’In The Plateau. Pour arriver exactement là où nous le désirions. Nous nous sommes appuyés sur son savoir-faire. J’attends d’un producteur qu’il sache aider un groupe à matérialiser ses aspirations. D’ailleurs, je ne pense pas que j’aimerais bosser avec DFA parce qu’eux modifient complètement la chanson. Ils la transforment plutôt en un de leur morceau. Nous n’avons pas envie de perdre le contrôle. D’ailleurs, étant donné nos exigences, il faut vraiment que l’on se plonge dans la technologie. Si nous voulons progresser, il nous faut nous échapper du cadre du “groupe rock traditionnel” qui est encore le nôtre aujourd’hui.
MY BLOODY VALENTINE
Soon
(extrait de l’album Loveless, 1991)
Ekhi : (Immédiatement.) Il n’existe pas de mots pour parler de ce disque. (Sourire.) J’aime même tout d’eux, vraiment tout. Et à partir d’Ecstasy & Wine, tous les disques sont géniaux. Kevin Shields savait très bien qu’il ne pourrait faire mieux que Loveless, alors, à quoi bon continuer dans ce cas ?
Igor : À sa sortie, cet album était à la fois intemporel et en avance sur son époque.
Ekhi : Le deuxième morceau de Into The Plateau porte le même titre. Mais je ne l’avais pas envisagé comme un hommage… Quoique, à partir d’aujourd’hui, je vais peut-être dire le contraire. (Rires.)
DEVO
Girl U Want (live)
(extrait de l’album Devo Live, 1981)
Unai : (Sourire.) On a repris ce titre, on l’a même enregistré.
Ekhi : La version est sortie sur un Ep vinyle en édition limitée sur… Gssh Gssh Records. C’est un label de Madrid, qui fonctionne en mode do it yourself et compte sans doute les formations espagnoles les plus intéressantes à l’heure actuelle, comme Grabba Grabba Tape ou Campamento Ñec Ñec. Mais pour en revenir à Devo, on les a écoutés presque jusqu’à l’écœurement ! (Sourire.)
Unai : C’est l’un des groupes qui fait l’unanimité entre nous.
DERRIBOS ARIAS
Branquias Bajo El Agua
(extrait de la compilation La Edad De Oro Del Pop Español, 2001)
Unai : Tomas, notre guitariste, n’arrête pas de chanter ce morceau, il pourrait t’en parler bien mieux que nous !
Ekhi : Derribos Arias venait de San Sebastian.
Unai : Aujourd’hui, pas mal de groupes en Espagne essayent de recréer la movida du début des années 80.
Ekhi : Et en général, le résultat est assez lamentable. Moi, je suis né en 1983, alors, la scène de San Sebastian des 80’s… (Sourire.) Et puis, au Pays Basque, la majeure partie des groupes faisait ce que l’on appelait le “punk radical vasco”, comme Kortatu. Ensuite, dans les années 90, tu as eu le contre-pied à ça, la vague de la “chanson française” de notre “petite Paris”. (Sourire.) J’aimais bien Le Mans ou Family, d’autant plus que je sortais avec une fille qui était dingue de ces trucs-là.
Unai : En fait, chez nous, tu as le choix entre le rock radical ou le Donosti Sound, et au milieu, rien. À Zarautz par exemple, sur les trente-cinq groupes qu’il y avait quand on a commencé, trente étaient des formations punk !
Ekhi : Ça tient presque du rituel, un rituel socioculturel et musical.
THE CURE
100 Years
(extrait de l’album Pornography, 1982)
Ekhi : Leur dernier disque est une gigantesque merde…
Igor : Ce sont les Cure qui essayent de ne pas sonner comme les Cure : ridicule.
Ekhi : Pourtant, Bloodflowers était très bien. On ne peut pas nier que le son de guitare de Tomas doit pas mal à celui des Cure, ce mélange de distorsion et de delay.
Unai : Nous leur avons souvent été comparés… Dans les chroniques, leur nom revient souvent, comme ceux de The Faint ou The Rapture. Tout simplement parce qu’ils sont cités dans la biographie qu’a écrite le label. Ce qui en dit long sur la paresse des journalistes… Bien sûr, c’est un peu énervant, mais on réfère en rigoler désormais.
Ekhi : Sur un des nouveaux morceaux, on a honteusement piqué un son tremolo au duo britannique MFA et pour le moment, personne n’en a parlé. (Sourire.) Disons que la comparaison avec The Cure était peut-être plus pertinente pour le disque précédent. Mais ça reste très réducteur. Et puis, on n’écoute plus du tout ce genre de choses. Même si j’adore certains albums de cette époque, ils sont aujourd’hui couverts de poussière dans mon armoire. (Sourire.) Il y a tant de nouveaux trucs à découvrir…
OLDARRA
Boga, Boga
(extrait de l’album Oldarra, 1997)
Ekhi(chant, basse) : Nous avons tous grandi en bord de mer au Pays Basque, on a donc écouté cette chanson plus d’une fois. (Sourire.) Je suis originaire de San Sebastian, mais ma famille a emménagé à Zarautz lorsque j’avais seize ans. Un année après, en 2000, nous avons commencé à jouer ensemble. Depuis, Unai et moi sommes partis vivre à Barcelone. Alors, on travaille comme on peut, avec pas mal d’allers-retours. En fait, nous avons un pied à Zarautz, où l’on chante Boga, Boga, et un autre à Barcelone, où l’on répète nos chansons. (Sourire.)
Unai (claviers) : On se réunit les weekends et surtout l’été, où l’on passe le plus clair de notre temps à composer.
Ekhi : Mais la situation va encore évoluer puisque l’an prochain je vais passer six mois à Paris pour mes études de philosophie. En fait, à côté du groupe, on a chacun gardé une activité.
Unai : Delorean reste notre priorité, tout simplement parce qu’on adore faire de la musique et qu’en plus, en ce moment, on arrive à en vivre grâce aux concerts.
Ekhi : Mais on préfère quand même garder une distance, on ne veut pas se laisser bouffer. Et je trouve que c’est une bonne chose.
IT’S NOT NOT
Push With The Rythm
(extrait de l’album No Time For Jokes, 2005)
Unai : On les connaît très bien, mais on n’est pas plus familier que ça avec leur musique. Igor et moi, nous jouons ensemble depuis douze ans. Et vers 1996, nous avions organisé un concert de It’s Not Not à Zarautz, dans notre salle de répèt’.
Ekhi : Nous sommes sur le même label. Au départ, B-Core était vraiment une histoire d’amis, tous les groupes étaient issus de la scène hardcore, qui était très vivante en Espagne il y a quelques années.
Unai : Notre premier album, on l’a sorti sur Underhill Records, la structure d’un ami de Pampelune, qui joue dans Half Foot Outside, une autre formation signée sur B-Core. Lorsque Jordi, le boss, nous a proposé de sortir nos disques, on a accepté car ça nous permettait d’aller de l’avant puisque son label était mieux établi.
LE HAMMOND INFERNO
Move Your MP-3
(extrait de l’album My First Political Dance Album, 2001)
Unai : Je ne vois pas du tout, mais ça ressemble à Kraftwerk !
Ekhi : Télex, peut-être ? Ah, Le Hammond Inferno… Effectivement, ils avaient envisagé de remixer l’un de nos morceaux, mais ça n’a pas abouti. C’est un ami commun de San Sebastian qui avait initié l’histoire.
Unai : Sur notre Ep de remixes (ndlr. The Metropolitan Death, 2005), la plupart ont été réalisés par des copains. Et sincèrement, j’aime bien une voire deux versions, mais le reste… (Sourire.)
Ekhi : C’était plus une question d’opportunités et de relations qu’autre chose, ce n’était pas un projet réfléchi.
Igor : Mais je trouve amusant et intéressant de découvrir la vision que les autres peuvent avoir de tes chansons.
Unai : En Espagne, il y a un producteur techno très connu qui sort des disques horribles, mais on va lui demander un remix juste pour pouvoir nous rendre compte ce que le pire peut donner sur un de nos morceaux ! (Sourire.)
LE TIGRE
Deceptacon (DFA Remix)
(extrait du Ep Remix, 2004)
Igor : Ce genre de production nous a beaucoup plu à un moment, nous a influencés, mais on s’en est déjà éloigné.
Ekhi : Moi, je préfère même la version originale désormais. À l’époque, on était assez impressionné par la clique DFA, qui nous a servi de porte d’entrée vers la scène dance.
Unai : En tant qu’auditeur, nous pouvons valoriser, apprécier cette musique, mais en tant que musicien, nous sommes incapables de la créer.
Ekhi : Voilà pourquoi on a travaillé avec un ami, D.A.R.Y.L., sur trois morceaux d’In The Plateau. Pour arriver exactement là où nous le désirions. Nous nous sommes appuyés sur son savoir-faire. J’attends d’un producteur qu’il sache aider un groupe à matérialiser ses aspirations. D’ailleurs, je ne pense pas que j’aimerais bosser avec DFA parce qu’eux modifient complètement la chanson. Ils la transforment plutôt en un de leur morceau. Nous n’avons pas envie de perdre le contrôle. D’ailleurs, étant donné nos exigences, il faut vraiment que l’on se plonge dans la technologie. Si nous voulons progresser, il nous faut nous échapper du cadre du “groupe rock traditionnel” qui est encore le nôtre aujourd’hui.
MY BLOODY VALENTINE
Soon
(extrait de l’album Loveless, 1991)
Ekhi : (Immédiatement.) Il n’existe pas de mots pour parler de ce disque. (Sourire.) J’aime même tout d’eux, vraiment tout. Et à partir d’Ecstasy & Wine, tous les disques sont géniaux. Kevin Shields savait très bien qu’il ne pourrait faire mieux que Loveless, alors, à quoi bon continuer dans ce cas ?
Igor : À sa sortie, cet album était à la fois intemporel et en avance sur son époque.
Ekhi : Le deuxième morceau de Into The Plateau porte le même titre. Mais je ne l’avais pas envisagé comme un hommage… Quoique, à partir d’aujourd’hui, je vais peut-être dire le contraire. (Rires.)
DEVO
Girl U Want (live)
(extrait de l’album Devo Live, 1981)
Unai : (Sourire.) On a repris ce titre, on l’a même enregistré.
Ekhi : La version est sortie sur un Ep vinyle en édition limitée sur… Gssh Gssh Records. C’est un label de Madrid, qui fonctionne en mode do it yourself et compte sans doute les formations espagnoles les plus intéressantes à l’heure actuelle, comme Grabba Grabba Tape ou Campamento Ñec Ñec. Mais pour en revenir à Devo, on les a écoutés presque jusqu’à l’écœurement ! (Sourire.)
Unai : C’est l’un des groupes qui fait l’unanimité entre nous.
DERRIBOS ARIAS
Branquias Bajo El Agua
(extrait de la compilation La Edad De Oro Del Pop Español, 2001)
Unai : Tomas, notre guitariste, n’arrête pas de chanter ce morceau, il pourrait t’en parler bien mieux que nous !
Ekhi : Derribos Arias venait de San Sebastian.
Unai : Aujourd’hui, pas mal de groupes en Espagne essayent de recréer la movida du début des années 80.
Ekhi : Et en général, le résultat est assez lamentable. Moi, je suis né en 1983, alors, la scène de San Sebastian des 80’s… (Sourire.) Et puis, au Pays Basque, la majeure partie des groupes faisait ce que l’on appelait le “punk radical vasco”, comme Kortatu. Ensuite, dans les années 90, tu as eu le contre-pied à ça, la vague de la “chanson française” de notre “petite Paris”. (Sourire.) J’aimais bien Le Mans ou Family, d’autant plus que je sortais avec une fille qui était dingue de ces trucs-là.
Unai : En fait, chez nous, tu as le choix entre le rock radical ou le Donosti Sound, et au milieu, rien. À Zarautz par exemple, sur les trente-cinq groupes qu’il y avait quand on a commencé, trente étaient des formations punk !
Ekhi : Ça tient presque du rituel, un rituel socioculturel et musical.
THE CURE
100 Years
(extrait de l’album Pornography, 1982)
Ekhi : Leur dernier disque est une gigantesque merde…
Igor : Ce sont les Cure qui essayent de ne pas sonner comme les Cure : ridicule.
Ekhi : Pourtant, Bloodflowers était très bien. On ne peut pas nier que le son de guitare de Tomas doit pas mal à celui des Cure, ce mélange de distorsion et de delay.
Unai : Nous leur avons souvent été comparés… Dans les chroniques, leur nom revient souvent, comme ceux de The Faint ou The Rapture. Tout simplement parce qu’ils sont cités dans la biographie qu’a écrite le label. Ce qui en dit long sur la paresse des journalistes… Bien sûr, c’est un peu énervant, mais on réfère en rigoler désormais.
Ekhi : Sur un des nouveaux morceaux, on a honteusement piqué un son tremolo au duo britannique MFA et pour le moment, personne n’en a parlé. (Sourire.) Disons que la comparaison avec The Cure était peut-être plus pertinente pour le disque précédent. Mais ça reste très réducteur. Et puis, on n’écoute plus du tout ce genre de choses. Même si j’adore certains albums de cette époque, ils sont aujourd’hui couverts de poussière dans mon armoire. (Sourire.) Il y a tant de nouveaux trucs à découvrir…