Déniaisé à la musique électronique depuis son premier album, Delorean a patiemment franchi toutes les différentes étapes, depuis l'indie pop ordinaire des débuts jusqu'à la disco froide et mélancolique aux légères touches house de ce nouvel opus. La photographie de mégalopole nocturne qui orne la pochette du troisième album des Basques est à l'image de la noirceur de leur musique. Méconnus ici car souvent distribués au compte-gouttes, Delorean possède pourtant les atours susceptibles de plaire aux fans les plus obtus de The Rapture. Les riffs new-wave qui enrobent la voix de la chanteuse sont des déflagrations en Echoes aux ornements répétitifs générés par les processeurs électroniques. Le groupe collabore d'ailleurs avec l'expérimenté producteur barcelonais D.A.R.Y.L. qui délivre des beats ciselés sur trois morceaux, dont l'épique Metroplotian Death 3 et l'extatique No Name. L'ambiance atteint son paroxysme sur le final instrumental Shibuya Crossing, aux confins de la trance. Exotique mais pas seulement, Into The Plateau installe Delorean à une place de choix sur l'échiquier des nouvelles valeurs de l'electro rock et de la disco punk, avec un petit supplément d'âme et de mélancolie tout ibérique. Si l'équipe ibérique a surclassé les États-Unis aux derniers championnats de basket-ball, Delorean semble également être en mesure de rattraper les plus beaux fleurons du genre.