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Halcyon Digest de Deerhunter

chronique d'album
Alignant deux chefs-d’œuvre en deux ans, à la tête de Deerhunter (Microcastle, 2008) puis en solo sous le nom d’Atlas Sound (Logos, album du mois d’octobre 2009 dans ces colonnes), Bradford Cox force le respect. Car non content de frotter ses mélodies les plus accrocheuses à des guitares électriques foutrement excitantes (Never Stops), l’homme à la frêle silhouette manie également l’électronique de pointe avec science et audace. Pour l’heure, plus que jamais fixé sur sa quête de la pop song ultime, c’est à sa collection de Jazzmaster que le club des cinq d’Atlanta fait les yeux doux. Moins immédiatement accrocheur que ses prédécesseurs, Halcyon Digest se révèle pourtant au fil des revisites un chapitre essentiel de la discographie de Deerhunter où, convenons-en, les déchets se font rares.

Très doué pour renouveler des formules archi rebattues telles que guitare, basse et batterie ou couplet, refrain, pont, etc., Cox et les siens savent aussi mieux que quiconque s’extraire de leur époque : impossible à dater, leur œuvre doit autant au Velvet Underground et Joy Division qu’à Grandaddy ou Chokebore. Pas du genre à faiblir en fin de parcours, Deerhunter conclut comme à son habitude par deux merveilles – Coronado et son saxophone osé et He Would Have Laughed. Auparavant, grisé par les retrouvailles, Moses Archuleta, Lockett Pundt, Joshua Fauver et Whitney Petty auront donné à leur chanteur céleste, souffrant du syndrome de Marfan, la preuve de leur dévouement absolu (Don’t Cry, Revival, Memory Boy). Modèle du genre, l’unité musicale de ce groupe fait sa force. Et notre bonheur !
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #146


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