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Deerhoof Vs. Evil de Deerhoof

chronique d'album
Fort d'une quinzaine d'année de carrière, Deerhoof a tout pour batifoler gaiement dans l'éden de l'indie rock : une discographie pléthorique tutoyant régulièrement les sommets (Friend Opportunity, 2007), une réputation respectable et une reconnaissance établie, sans compter une indépendance à en faire rêver plus d'un. Ajoutons à cela une capacité à se jouer des étiquettes assez jouissive : pop bruitiste, art rock, no-wave, prog indie, gloubi-boulga, la liste de noms d'oiseaux serait trop longue et trop limitée pour qualifier cette musique sans cesse foisonnante et distordue. Nouvelle livraison du quatuor, Deerhoof Vs. Evil ne déroge pas à la règle : c'est un joyeux foutoir. Comme d'habitude, les structures sont mises en pièces, les déflagrations bruitistes au rendez-vous, les guitares se tortillent. Satomi Matsuzaki piaille tout ce qu'elle peut, polyglotte, en anglais, japonais et catalan (sic). Et ce, tout en conservant avec brio l'art de l'envol mélodique qui illumine le capharnaüm (les magnifiques décrochages de The Merry Barracks et I Did Crimes For You).



Le son s'est adouci aux entournures, et à l'instar de Dirty Projectors dont il serait le pendant burlesque, Deerhoof s'est fait plus pop (toutes proportions gardées). On surprend même un titre presque normal, Behold A Marvel In The Darkness, qui commence comme du Stereolab musclé avant de se répandre en explosions soniques. Ici, une jolie ballade acoustique aux sonorités andalouses (No One Asked To Dance), là, un madrigal finement déballé aux légers accents de Moondog (Must Fight Current), le tout dans un foutras d'emprunts internationaux (Let's Dance The Jet serait une reprise d'un instrumental d'une bande originale de film grec) qui leur donne des airs d'Os Mutantes retournés à l'état sauvage. Encore plus réussi que le prédécesseur Offend Maggie (2008), plus accessible que Friend Opportunity, Deerhoof Vs. Evil s'impose, au terme de ce combat singulier, comme la porte d'entrée parfaite d'une œuvre toujours passionnante et ludique. Deerhoof 1–Evil 0.
Victor Thimonier
MAGIC RPM  #148


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Les Boutiques Sonores - 28/06/2011 14:19
Deerhoof en concert au Nouveau Casino
le 18 juillet avec Pilöt et O.K
dans le cadre du BS(p)2011 et du
Colors Music Festival 2011!

+d'infos sur la date : http://www.lesboutiquessonores.com/agenda/bsp2011-acte-v/

+d'infos sur le festival BS(p)2011: http://www.lesboutiquessonores.com/bsp2011