Certes, la pochette n'est pas terrible et le patronyme qui s'y inscrit n'est pas des plus renommés. Mais chez lui en Nouvelle-Zélande, David Kilgour est un homme respecté. Avec The Clean, il bricola au début des années 80 un des singles les plus improbables de l'histoire. Tally Ho, expédié en une prise sur deux pistes, parvint au sommet des charts (de Nouvelle Zélande, soit...) et surtout initia un son qui allait inscrire l'île dans le paysage rock contemporain. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et David Kilgour s'échappe en solo pour des albums aussi bucoliques que gentiment psychédéliques. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Mais est-ce notre humeur volatile ou bien une surdose d'electronica et de rythmiques rétro-futuristes, ce disque est reçu comme une bénédiction. David Kilgour n'a jamais fréquenté les grands axes urbains, les néons à la mode, les bars bruyants, encore moins la sophistication technologique. Un des derniers disques de The Clean était baptisé Unknown Country. C'est effectivement dans un pays inconnu que furent imaginées ces Off My Mind, Chop Me In Half ou My One, distillant sous transparente normalité un venin de psychédélisme champêtre, une mélancolie sourde et des mélodies aussi tenaces qu'une mer de nuages noirs annonçant l'orage. Comme des Feelies réenregistrant Forever Changes dans les studios de Flying Nun. Quasiment un mot de passe, pour initiés et plus si affinités.