Space Oddity est de ces albums célèbres et méconnus. À tel point que même la maison de
disques s’y emmêle les pinceaux à l’heure d’une réédition anniversaire un peu
incongrue (on ne peut pas dire que le disque ait marqué son époque, exception
faite du single auquel il doit son nom). Ainsi, ce n’est pas la version de 1969
(parue alors sous le titre David Bowie en
Angleterre et Man of Words/Man Of Music aux États-Unis) qu’EMI réédite aujourd’hui, mais celle de 1972, amputée du court blues
potache Don’t Sit Down. Cette
précision historique apportée, ne boudons pas le vrai plaisir que l’on prend à
(re)découvrir cet excellent album, qui échappe en partie à son époque, marquée
par l’émergence d’une génération qui durcit le rock (MC5, The Stooges, Led
Zeppelin) et les derniers feux de groupes quasi exsangues (Beatles, Who,
Kinks). Depuis le milieu de la décennie, Bowie s’agite sur la scène londonienne
sans véritablement percer, avec une poignée de 45 tours de rhythm’n’blues et un
premier Lp sans grande originalité (David
Bowie, 1967).
Le succès phénoménal de la chanson Space Oddity, lancée à l’été 1969 alors que Neil Armstrong s’apprête à alunir, lance une bonne fois pour toute la carrière de l’éphèbe, qui porte alors une impériale chevelure dorée et bouclée. Le morceau a rejoint depuis longtemps le Panthéon de la musique pop, avec sa guitare enveloppante, sa ligne de synthé primitive, son tambour solennel, son compte à rebours historique vers un refrain stratosphérique et des paroles inoubliables (“This is ground control to Major Tom, you've really made the grade/And the papers want to know whose shirts you wear/Now it's time to leave the capsule if you dare/This is Major Tom to ground control, I'm stepping through the door/And I'm floating in the most peculiar way/And the stars look very different today). Mais l’album en lui-même recueille moins de succès et évolue dans des sphères nettement plus terrestres, souvent proches d’un folk dense et lyrique, porté par une voix et un chant très personnels. Miniature acoustique légère, Letter To Hermione est simplement magnifique, comme la fervente God Knows I’m Good. Alanguie sur plus de neuf minutes, Cygnet Committee éblouit par sa grâce lancinante et son ampleur, la guitare électrique mangeant peu à peu l’acoustique. La production de Tony Visconti est aux petits oignons, avec un son très chaleureux.
Des flûtes colorent la sublime An Occasional Dream de teintes tendres alors que Wild Eyed Boy From Freecloud trahit déjà une fixette sur Jacques Brel et la chanson orchestrale (harpe, cordes, cuivres). L’album s’achève sur l’extraordinaire Memory Of A Free Festival, qui débute avec un harmonium avant de s’émanciper en chorale gospel. Longue de sept minutes, elle occupait deux faces d’un même 45 tours, dans une version assez différente. On la retrouve coupée en deux et bardée d’un efficace synthétiseur sur l’inévitable disque bonus qui accompagne cette réédition, flanqué d’une poignée de versions démo, de prises alternatives et d’enregistrements à la BBC. De tout ceci, on retiendra la démo de Space Oddity, magnifique de fragilité et d’étrangeté (la fin en bleeps bleeps) ou encore Let Me Sleep Beside You, où Bowie laisse éclater au grand jour l’influence de John Lennon, et les versions stéréo des délicieusement pop London Bye Ta-Ta, The Prettiest Star et Conversation Piece (ces deux dernières paraitrons sur un même simple en 1970). L’ensemble parachève le portrait d’un album fascinant par sa spontanéité et son naturel (deux qualités pas toujours au rendez-vous chez le futur Ziggy Stardust), et l’excellence de chansons qui ont déjà un pied dans les années 70 et annoncent une glorieuse décennie pour David Bowie.
Le succès phénoménal de la chanson Space Oddity, lancée à l’été 1969 alors que Neil Armstrong s’apprête à alunir, lance une bonne fois pour toute la carrière de l’éphèbe, qui porte alors une impériale chevelure dorée et bouclée. Le morceau a rejoint depuis longtemps le Panthéon de la musique pop, avec sa guitare enveloppante, sa ligne de synthé primitive, son tambour solennel, son compte à rebours historique vers un refrain stratosphérique et des paroles inoubliables (“This is ground control to Major Tom, you've really made the grade/And the papers want to know whose shirts you wear/Now it's time to leave the capsule if you dare/This is Major Tom to ground control, I'm stepping through the door/And I'm floating in the most peculiar way/And the stars look very different today). Mais l’album en lui-même recueille moins de succès et évolue dans des sphères nettement plus terrestres, souvent proches d’un folk dense et lyrique, porté par une voix et un chant très personnels. Miniature acoustique légère, Letter To Hermione est simplement magnifique, comme la fervente God Knows I’m Good. Alanguie sur plus de neuf minutes, Cygnet Committee éblouit par sa grâce lancinante et son ampleur, la guitare électrique mangeant peu à peu l’acoustique. La production de Tony Visconti est aux petits oignons, avec un son très chaleureux.
Des flûtes colorent la sublime An Occasional Dream de teintes tendres alors que Wild Eyed Boy From Freecloud trahit déjà une fixette sur Jacques Brel et la chanson orchestrale (harpe, cordes, cuivres). L’album s’achève sur l’extraordinaire Memory Of A Free Festival, qui débute avec un harmonium avant de s’émanciper en chorale gospel. Longue de sept minutes, elle occupait deux faces d’un même 45 tours, dans une version assez différente. On la retrouve coupée en deux et bardée d’un efficace synthétiseur sur l’inévitable disque bonus qui accompagne cette réédition, flanqué d’une poignée de versions démo, de prises alternatives et d’enregistrements à la BBC. De tout ceci, on retiendra la démo de Space Oddity, magnifique de fragilité et d’étrangeté (la fin en bleeps bleeps) ou encore Let Me Sleep Beside You, où Bowie laisse éclater au grand jour l’influence de John Lennon, et les versions stéréo des délicieusement pop London Bye Ta-Ta, The Prettiest Star et Conversation Piece (ces deux dernières paraitrons sur un même simple en 1970). L’ensemble parachève le portrait d’un album fascinant par sa spontanéité et son naturel (deux qualités pas toujours au rendez-vous chez le futur Ziggy Stardust), et l’excellence de chansons qui ont déjà un pied dans les années 70 et annoncent une glorieuse décennie pour David Bowie.
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Bonne chronique mais ... les Who exsangues en 1969 ? Le mythique Tommy vient de sortir et ils donnent sans doute un de leur meilleur concert à l'ile de Wight en 1970 ! Suiveront Who's Next et Quadrophenia, rien que ca...
Les who sont mort en 1978, pas avant !
Les who sont mort en 1978, pas avant !
M. Théval, pas la peine de faire une (bonne sans cela) critique, si vous ne prenez pas la peine de bien regarder et écouter ce disque : si, c'est bien la réédition de l'album version 1969 (c'est marqué "David Bowie" sur la tranche de la pochette, nulle trace de "Space Oddity" comme titre de l'album !) et si "Don't Sit Down" est bel et bien là, à sa place en continuité du titre "Unwashed And Somewhat Slightly Dazed" (mais il n'apparait pas dans le track listing)... Serviteur et bonnes fêtes :-)