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Compte-rendu live - 20/04/10 de Daniel Johnston

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Daniel Johnston au Bataclan ? L’affiche n’étonne plus quand on sait l’ampleur du cul(te) qui entoure le chanteur zinzin. Jeudi 15 avril, le pape lo-fi était accompagné par le Beam Orchestra, soit une myriade de onze musiciens (batterie, basse, violons, saxophone, synthé, etc.). La rencontre entre le songwriter archaïque et ses accompagnateurs aguerris se révéla aussi bancale que l’esprit du Texan. [Texte et photos par Sébastien Jenvrin].


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À peine 21h. Les Belges Tommigun n’ont pas encore terminé leur set que la salle est déjà pleine à craquer, la faute aux rangées de sièges installés dans la fosse. Le vigile mastoc nous dit de ne pas nous assoir ici. Les six premiers rangs sont réservés. Fichtre, il n’y a plus de places ailleurs. C’est donc tout près du stand de t-shirts pris d’assaut par les fans que l’on contemplera la performance de DJ. Les premières notes s’élèvent et pourtant, la bedaine de Danny n’a pas encore alourdi les planches. À la place, le onze hollandais du Beam Orchestra se lance dans une méconnaissable version instrumentale de Speeding Motorcycle. L’interminable intro jazz-rock s’achève enfin et Daniel Johnston, en tenue décontracte jogging/t-shirt à manches longues, monte sur scène avec un incroyab’ stock de flotte qui jonche la petite table à côté de lui. La foule est rassurée. « I’m so sad I could cry », « I love you more than myself »…

D’abord seul avec sa guitare dissonante, Daniel balance à la tronche de son public ses complaintes déglinguées aux paroles d’une sincérité déconcertante. Les mélodies douces-amères s’exécutent au rythme des tremblements de ses mains malhabiles. Après une poignée de chansons, l’orchestre se remet en branle et le frère bienveillant apporte une chaise au chanteur fatigué dont on ne verra plus le visage que par intermittence. Vouté sur son pupitre, Daniel semble se demander si la foule est contente d’être là : « Vous voulez d’autres chansons ou quoi ? ». Bien sûr mec ! Au mitan du spectacle, le touchant barjo fait une pause – sans doute l’heure des p’tites pilules – laissant une fois de plus la satanée fanfare en roue libre. Grrr...

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Daniel revient au bout d’une dizaine de minutes avec des envies communicatives : « Un jour, j’ai rêvé d’un type qui était condamné à mort parce qu’il avait tenté de se suicider. Ce gars, en fait, c’était moi ! ». Rires. Malaise. Le public apprécie d’entendre des titres plus connus, comme Devil Town, Hey Joe ou Walking The Cow. « Combien d’entre vous ont l’impression de vivre dans un monde diabolique ? », demande t-il à des spectateurs plus qu’aux anges, avant d’entamer Wicked World. Ce soir-là, Daniel Johnston aura donc pioché au hasard dans l’ensemble de son répertoire. Avec beaucoup de titres issus de Hi, How Are You?, un peu de Fun et de Fear Yourself, l’album produit par Mark Linkous. Avant d’interpréter Syrus Of Tears, il excusera même l’absence du défunt leader de Sparklehorse en ces termes : « L'a po pu venir ce soir ». Tu m’étonnes !

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L’Américain à la sincérité aussi généreuse que son ventre s’use un peu. Il ne reste plus beaucoup de Cristaline. Mais l’envie de profiter encore quelques instants des applaudissements est plus forte et l’entraîne à délivrer une version poignante de True Love Will Find You In The End, après un nouvel écrémage des Hollandais. Ovation débout. Un petit groupe plaqué contre la scène mitraille de flash le chanteur, qui offre une dernière tirade a capella. Cette fois, c’est vraiment fini. La bête de foire ne reviendra plus. Le féru se rabat alors sur les quelques dessins exposés sur le côté de la salle, au bout d’une soirée dont on retiendra une leçon. Peu importe la qualité trébuchante du set et la performance ronflante du Beam Orchestra, tout le monde aime Danny maintenant. Les dévots de toute obédience étaient réunis ce soir-là, du footballeur Vikash Dhorasoo à l'exaspérant Mathias Malzieu (ou son sosie), en passant par le plus illustre et légitime zélateur français de DJ, Etienne Greib. Peut-être parce que, même en ne comprenant que pouic au cours des choses, même en expérimentant un quotidien souvent pas très jojo, même en étant savamment (télé)guidé par son entourage, le bonhomme n’a jamais flanché à l’heure d’édifier une œuvre d’une franchise désarmante, parvenant à faire de son immense petit monde intérieur, si candide, si tordu et si désespéré, une plate-forme d’accueil universelle.

Sébastien Jenvrin


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eso - 04/05/2010 13:29
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Starsky - 20/04/2010 23:07
C'était super triste, absolument horrible.
Pour une fois qu'il arrivait à jouer un peu de sa guitare on lui enlève des mains et on nous oblige à écouter cet orchestre de baloche en dessous de tout.
Je suis ressorti les larmes aux yeux en essayant de me remémorer le moment merveilleux passé la dernière fois à la Maroquinerie.
J'espère que tu reviendras Danny.