Daniel Johnston est complètement zinzin. C'est entendu. Plutôt logique, donc, de voir l'Américain aller se faire soigner chez un type ayant choisi pour pseudo Jack... Medicine. Si le label d'aliéné Important Records avait déjà interné Daniel et Jack (le second étant à la fois le producteur, tour manager et "tuteur" du premier) au sein du grisant side-project Hyperjinx Tricycle, c'est sous le nom de The Electric Ghosts que les deux compères s'associent à nouveau afin de délivrer un album en forme de témoignage. Celui de l'irrésistible complicité qui s'est établie entre eux au fil d'une longue tournée américaine, durant laquelle ils ont appris à se connaître et à dissiper l'ennui d'un revers de la main en composant des chansons lumineuses. Ce disque à la production étonnamment soignée s'avère en effet définitivement tubesque, de la folk song aux accents sudistes Sweetheard (Frito Lay), placée en ouverture, jusqu'aux accords apocalyptiques de Scary Monsters, brûlot inflexible où Johnston s'époumone tel un prédicateur belliqueux.
On retrouve ici les mélodies instinctives et diaboliquement touchantes de l'illuminé (la sobriété acoustique et bienfaisante de Pain In My Heart ou l'atmosphère résignée de Row Boat), que Medicine saupoudre d'un classicisme instrumental imparable et parfois même d'un chant langoureux et séduisant (Goodbye To That Girl, dont la légèreté survoltée évoque le premier album de Weird War). Si la musique de The Electric Ghosts accompagne idéalement l'arrivée des beaux jours, on ne sait s'il faut rire ou vomir des neufs minutes répugnantes qui concluent le disque. On y entend les ronflements bruyamment visqueux et remplis de morve de Daniel, sûrement enregistré à son insu par Jack qui s'avère donc être, en plus d'un musicien talentueux, un grand comique. Ce disque en forme de résurrection électrisée, les sorties prochaines en France du documentaire The Devil And Daniel Johnston (déjà sorti sous les acclamations aux Etats-Unis), du nouvel album Lost And Found et du best of Welcome To My World... 2006 pourrait bien être l'année du malade mental le plus adulé de la Terre.
On retrouve ici les mélodies instinctives et diaboliquement touchantes de l'illuminé (la sobriété acoustique et bienfaisante de Pain In My Heart ou l'atmosphère résignée de Row Boat), que Medicine saupoudre d'un classicisme instrumental imparable et parfois même d'un chant langoureux et séduisant (Goodbye To That Girl, dont la légèreté survoltée évoque le premier album de Weird War). Si la musique de The Electric Ghosts accompagne idéalement l'arrivée des beaux jours, on ne sait s'il faut rire ou vomir des neufs minutes répugnantes qui concluent le disque. On y entend les ronflements bruyamment visqueux et remplis de morve de Daniel, sûrement enregistré à son insu par Jack qui s'avère donc être, en plus d'un musicien talentueux, un grand comique. Ce disque en forme de résurrection électrisée, les sorties prochaines en France du documentaire The Devil And Daniel Johnston (déjà sorti sous les acclamations aux Etats-Unis), du nouvel album Lost And Found et du best of Welcome To My World... 2006 pourrait bien être l'année du malade mental le plus adulé de la Terre.