En kiosque actuellement Commander

Ghetto Pop Life de Danger Mouse

chronique d'album
Pour preuve de l'émergence de ce petit frère de son de Warp, la compilation Lexoleum, sortie en mai dernier, avait déjà ouvert les horizons expérimentaux de ce label vraisemblablement décidé à emprunter les mêmes chemins de traverse que son illustre aîné, à la différence près qu'il s'agit ici exclusivement de hip hop. On est certes bien loin du formatage actuel et des machines à dollars, puisque Lex présente une famille d'artistes proche d'Anticon, dont Boom Bip et Sage Francis sont les dénominateurs communs. Danger Mouse est un producteur américain de vingt-quatre ans, au background fortement influencé par le hip hop années 90, de Prince Paul à Pete Rock, de Dj Premier à Large Professor. Pour ce premier album, il s'associe au Mc new-yorkais Jemini, qui a roulé sa bosse à cette période avec Organized Konfusion, mais est resté sur la touche après un deal de major mal négocié. Ce qui ne l'empêche pas de revenir en pleine forme sur cet album d'excellente facture. Entre les violons de Born-A-Mc et l'intro saisissante des choeurs classiques de Ghetto Pop Life, un éclair oldschool et une virgule médiévale en compagnie de T h e Pharcyde, il dénonce les propos de George W sur Bush Boys, se fait passer avec ironie pour un dealer sur Don't Do Drugs et termine en douceur sur Here We Go Again et I'm a Doomee. En forme de trait d'union entre les belles années du hip hop et la créativité actuelle des petites structures souterraines, Ghetto Pop Life est un bel exemple de plus d'une ouverture d'esprit décomplexée et rafraîchissante.
Thomas Schwoerer
MAGIC RPM  #73
article extrait de :
MAGIC RPM #73 Commander ce numéro


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser