Damon Albarn
Vu par Magic
Mali Music
archive mag avril 2002
Soyez le premier à réagir
Loin du Master Plan façon Gorillaz, Mali Music est un album d'amateurs, au sens premier du terme. On aurait aussi bien pu craindre que ce voyage au soleil du Mali ne crame non seulement le teint diaphane, mais aussi les neurones de Damon Albarn, à l'instar de Brian Jones quand il partit enregistrer au Maroc la musique des Master Musicians Of Jajouka et en revint tout aussi Stone, avec sous les bras des enregistrements informes (une poignée) et des substances d'une tout autre nature (beaucoup). Plus sage, Albarn n'a pas voulu construire un album en forme de jamsession africaniste, pas plus qu'il n'avait la prétention de pérenniser la fusion improbable de la brit pop avec la musique malienne. Les deux partis se situent ici au niveau, plus constructif, de l'arrangement. Un panel très varié des sons du Mali (chansons, airs traditionnels, improvisations...) a été collecté avec, visiblement, la franchise et le manque de calcul du découvreur. Albarn y a adjoint quelques variations électroniques ou parties instrumentales qui lui correspondent. À l'inverse, il a laissé ses quelques rares compositions, proches des morceaux les moins formatés de Blur comme Essex Dogs, se teinter d'une orchestration propre aux sonorités maliennes. Le résultat a la spontanéité et le charme de sa naïveté. Il s'adresse à ceux qui, comme moi, n'entendent pas faire autorité en matière de musique africaine, pas plus qu'ils ne se sentent particulièrement concernés par l'avenir de Blur.
Julien Welter
article extrait de :
MAGIC RPM #60
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :