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Caught In The Trees de Damien Jurado

chronique d'album
Depuis la parution du magistral Rehearsals For Departure (1999), l’Amicale des fans de Neil Young et la Société d’appréciation de Nick Drake se sont regroupées pour proposer des tarifs préférentiels d’adhésion au Club des supporters de Damien Jurado. Peu d’artisans, en effet, sont parvenus à tisser avec tant de naturel la fibre robuste de la chemise à carreau canadienne et la douce laine des bergers britanniques. Malgré des débuts assez improbables dans un groupe de hardcore chrétien (si, si, on vous jure), ce natif de Seattle s’est reconverti, vers la fin des années 90, dans le songwriting folk, bien décidé à mettre à nu le petit palpitant logé au fond de sa grande carcasse de bûcheron.

Dix ans après ses débuts en solo, le voici avec un huitième album d’excellente tenue, offrant une vue imprenable sur l’étendue de son talent. Élaboré en trio avec la chanteuse-violoncelliste Jenna Conrad et le batteur-guitariste Eric Fisher, Caught In The Trees alterne pop songs électrifiées (Caskets, Coats Of Fire), refrains forestiers (Best Dress) et complaintes vespérales (Last Rights, Paper Kite), avec un niveau d’inspiration mélodique jamais pris en défaut, rivalisant tranquillement avec les ténors du genre (Jeff Tweedy, Gary Louris, Josh Rouse, Richard Buckner…).

Le contraste opposant la fragilité de la voix à la solide charpente du gaillard, la douceur des mélodies à l’amertume des sentiments exprimés, fonctionne toujours à plein régime, renforçant le parfum d’authenticité des chansons et leur capacité à émouvoir. Quand Jurado chante “Je ne suis pas un détecteur de mensonge, mais lui, c’est pas un baratineur” (le refrain de Gillian Was A Horse), on est bien tenté de s’approprier ces mots pour désigner l’honnêteté de leur auteur. Sobre, généreux, terrien : le bon Damien présente le profil idéal pour devenir votre nouveau songwriter préféré. Et ce Caught In The Trees possède tous les arguments pour vous en convaincre.
Alex Melis
MAGIC RPM  #124


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