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Why There Are Mountains de Cymbals Eat Guitars

chronique d'album
À contre-courant de ce que nous expédie la Grosse Pomme depuis une petite décennie (post-folk bricolé et déconstructions discoïdes), voici Cymbals Eat Guitar, un jeune quatuor de Staten Island, remonté comme une pendule et décidé à renouer avec les décharges noisy, la réverbération et les saturations, qui firent la réputation de leurs ancêtres The Heartbreakers, Television et bien évidemment Sonic Youth (dont on perçoit ici et là, l'immense influence). Héritier en ligne directe de l'indie rock des années 90, mais aussi de The Jam (Some Trees (Merrit Moon)), The Smiths (Share, Wind Phoenix (Propper Name)) et beaucoup de Mogwai (la recette calme-furie-calme), Why They Are Mountains pèche par sa prévisibilité et par cet excès de “jus” et d'intention que l'on retrouve dans moult premiers efforts – le besoin de tout y mettre et de ne rien oublier.

Difficile cependant de ne pas succomber à la joyeuseté cuivrée d'Indiana, à la valse lente Cold Spring (et ses superbes arrangements de violons) et à l'harmonieuse cacophonie de Share. Ont-ils pour autant signé “l'un des meilleurs albums indie rock de l'année”, comme le soutient notre confrère hystérique du NME ? Non point, le groupe n'ayant pas encore complètement digéré la somme de ses influences, par trop apparentes. Toutefois, faisant confiance aux Britanniques quant à l'évaluation de la puissance de ses prestations scéniques (un bon huit sur l'échelle de Strummer, en juillet dernier à Londres), on ne manquera pas de guetter leur nom sur les affiches de concert et la sortie du second album en forme de “tout ou rien”. Souhaitons qu'il donne un peu plus d'espace à l'étonnant travail du claviériste Brian Hamilton et parvienne à canaliser l'énergie, pour l'instant débordante, de son architecte en chef, Joseph Ferocious.
Marc Gourdon
MAGIC RPM  #137


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